Prima ballerina assoluta
Définition
La Prima ballerina assoluta est un titre honorifique rare et prestigieux décerné aux danseuses classiques dont le talent, la technique et l’influence artistique sont jugés exceptionnels à l’échelle mondiale. Contrairement aux grades de la hiérarchie classique habituelle, comme celui de Danseuse Étoile ou de Principal Dancer, ce titre n’est pas obtenu par une promotion interne ou un concours. Il s’agit d’une distinction suprême, souvent accordée par un souverain, un gouvernement ou la direction d’une grande institution lyrique, pour souligner une carrière hors du commun.
Ce terme italien, qui signifie littéralement « première danseuse absolue », place la récipiendaire au-dessus de toutes les autres danseuses de sa génération. Il reconnaît non seulement une maîtrise technique parfaite, mais aussi une aura dramatique et une contribution historique à l’art chorégraphique. C’est une distinction qui n’est plus guère attribuée aujourd’hui, ce qui renforce son caractère mythique.
Histoire et origines
Le titre a été créé à la fin du XIXe siècle au sein des Théâtres Impériaux de Russie. La première danseuse à l’avoir officiellement reçu est l’Italienne Pierina Legnani, en 1894, au Ballet Impérial de Saint-Pétersbourg. À l’époque, le maître de ballet Marius Petipa considérait qu’elle possédait une virtuosité technique inégalée, notamment après qu’elle fut la première à exécuter la série de 32 fouettés sur scène dans le ballet Cendrillon.
Par la suite, le titre fut accordé à Mathilde Kschessinska, bien que cette nomination ait été à l’époque discutée en raison de ses liens étroits avec la famille impériale. Au XXe siècle, la tradition s’est exportée hors de Russie, devenant une distinction internationale extrêmement sélective, réservée à des artistes ayant marqué leur époque de façon indélébile.
Quelques figures emblématiques
Très peu de danseuses ont porté ce titre au cours de l’histoire de la danse. Parmi les plus célèbres, on peut citer :
- Margot Fonteyn : nommée par la Reine Elizabeth II pour le Royal Ballet en 1979 à l’occasion de son 60e anniversaire.
- Maya Plissetskaïa et Galina Oulanova : deux figures légendaires du Ballet du Bolchoï en Russie.
- Yvette Chauviré : la seule danseuse française à avoir reçu cette distinction honorifique, symbole de l’élégance de l’école française.
- Alicia Alonso : fondatrice du Ballet National de Cuba, qui a dansé jusqu’à un âge très avancé malgré une cécité partielle.
- Alessandra Ferri : nommée par le Teatro alla Scala de Milan en 1992.
En pratique
Il est important de noter que ce titre n’existe plus de manière formelle dans la plupart des compagnies modernes. Aujourd’hui, le grade de « Danseuse Étoile » (à l’Opéra national de Paris) ou de « Principal Dancer » (dans les pays anglo-saxons) représente le sommet de la carrière active. Le titre d’assoluta est désormais perçu comme une distinction honorifique viagère, une reconnaissance de l’excellence absolue qui transcende les structures administratives des compagnies de danse.
On dit aussi : Première danseuse absolue
Prima ballerina assoluta en anglais : Prima ballerina assoluta