Graciela Martínez, née en 1938 à Buenos Aires, est une danseuse et chorégraphe argentine, figure emblématique de la danse d'avant-garde des années 1960. Elle est reconnue pour son approche expérimentale et son rejet de la narration traditionnelle, intégrant des objets du quotidien dans ses créations. Elle est décédée le 22 septembre 2021 à Buenos Aires.
Biographie
1938 : Graciela Martínez naît à Buenos Aires, bien que sa famille soit originaire de Córdoba. Dès son plus jeune âge, elle exprime le désir de danser, mais se heurte à l’opposition de son père.
Années 1950 : Après le décès de son père, elle peut enfin étudier le ballet avec Ramón Toledo. Elle se tourne ensuite vers la peinture, où elle rencontre l’artiste plasticien Antonio Seguí, qui deviendra son mari.
1957–1958 : Graciela Martínez commence à créer et présenter ses propres chorégraphies. Avec Antonio Seguí, elle entreprend un long voyage à travers l’Amérique latine, présentant des danses et des pantomimes au Pérou, en Colombie et au Mexique. À Mexico, elle étudie la danse moderne avec Xavier Francis et Bodil Genkel.
1960 : Le couple retourne à Córdoba, où naît leur fils Octavio.
1961 : Ils s’installent à Buenos Aires. Graciela Martínez entame alors un nouveau processus d’expérimentation artistique qui donnera naissance aux premières pièces de Danza Actual. Elle prend des cours avec Renate Schottelius, une grande figure de la danse moderne, mais une divergence d’opinions sur l’importance de la technique par rapport à la composition la pousse à chercher sa propre voie. Elle décide de revenir aux cours de ballet classique, ce qui attire d’autres danseurs modernes vers cette technique, faisant d’elle une pionnière dans ce domaine.
1963 : Elle co-fonde le groupe expérimental Danza Actual avec Ana Kamien et Marilú Marini. Le groupe rejette l’influence de la danse moderne américaine, notamment Martha Graham, au profit d’une abstraction et d’une focalisation sur le corps comme masse volumétrique. Leurs premières œuvres, comme Auto-triplicación et Octopus, explorent des formes biomorphiques et des corps transformés par des masques et des accessoires.
1965 : Graciela Martínez collabore avec Ana Kamien sur Dance Bouquet (ou Danza Bouquet), présenté à l’Instituto Torcuato Di Tella.
1966 : Elle participe à La fiesta hoy, toujours à l’Instituto Di Tella, une performance pop mêlant ballet, danse folklorique, musique pop, bandes dessinées et music-hall. Elle est également impliquée dans des happenings interdisciplinaires comme Ciruela chata (Prune Flat).
1967 : Grâce à une invitation du compositeur Juan Carlos Paz, le consul de France à Buenos Aires assiste à l’un de ses spectacles. L’ambassade de France lui offre une bourse pour Paris. Elle y est reconnue comme une pionnière de la danse moderne. Elle participe à la Biennale de peinture de Paris, continuant ses recherches pour trouver une danse différente. Elle intègre des éléments du pop art et des objets réels dans ses chorégraphies, comme des béquilles, des chaises, des toboggans et des baskets, bien avant que cela ne devienne courant dans la danse contemporaine.
Fin des années 1960 : De retour à Buenos Aires, elle est invitée à monter un spectacle à l’Instituto Di Tella. Elle crée ¿Jugamos a la bañadera?, un programme de neuf danses mêlant musique populaire et électronique. Initialement prévu pour quatre représentations, le succès est tel qu’il est prolongé pour trente-cinq soirées.
Fin des années 1980 : Graciela Martínez revient s’installer à Buenos Aires et ouvre un espace de travail.
2019 : Deux jeunes artistes et chercheurs en danse, Sofía Kauer et Nicolás Licera, se rapprochent de Graciela Martínez. Ensemble, ils créent l’œuvre Graciela Martínez: cosas, cisnes, présentée à la Biennale d’Art Jeune. Cette performance, qui se déroule dans la propre maison de Martínez, avec un public restreint, est construite à partir de ses archives personnelles. Elle y parle de son passé tout en se projetant dans une création actuelle, abordant la vie et la mort avec humour et profondeur. Lors de cette performance, Graciela Martínez lit sa propre nécrologie fictive, anticipant de manière parodique sa mort réelle.
2021 : Le 22 septembre, Graciela Martínez décède à Buenos Aires. L’enregistrement complet de sa performance Graciela Martínez, cisnes, cosas est mis à la disposition du public sur le site du Festival de Danza Contemporánea de Buenos Aires, permettant à sa mémoire de se réinventer dans le présent.
2025 : Le Ballet de Flandre présente une création de Jan Martens intitulée Graciela Quintet. Cette pièce pour cinq danseurs, inspirée par la musique de la compositrice argentine Graciela Paraskevaidis, explore la répétition avec une touche de loufoquerie, rendant hommage à l’esprit d’expérimentation.
Répertoire
Créations personnelles et collaborations
- 1957–1958 : Premières chorégraphies personnelles
- 1963 : Auto-triplicación (avec Danza Actual)
- 1963 : Octopus (avec Danza Actual)
- 1965 : Dance Bouquet (avec Ana Kamien)
- 1966 : La fiesta hoy (avec Ana Kamien)
- 1966 : Ciruela chata (adaptation de Robert Whitman, direction Marta Minujín)
- Fin des années 1960 : ¿Jugamos a la bañadera?
- 2019 : Graciela Martínez: cosas, cisnes (avec Sofía Kauer et Nicolás Licera)
Vie privée
Graciela Martínez a été mariée à l’artiste plasticien Antonio Seguí. Ensemble, ils ont eu un fils, Octavio. Son frère, Víctor Martínez, a été vice-président du gouvernement de Raúl Alfonsín en Argentine.
FAQ
Fiche d'identité
- Nom : Graciela Martínez
- Nationalité : Argentine
- Née à Buenos Aires
- Année de naissance : 1938
- Date de décès : 22 septembre 2021
- Fonctions : Danseuse, Chorégraphe
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