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Marie Taglioni

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Marie Taglioni est une danseuse et chorégraphe italienne née en 1804 à Stockholm. Après une carrière internationale exceptionnelle dans les plus grands théâtres européens, elle révolutionne le ballet romantique et la technique des pointes, devenant l’icône incontestée de son époque avant de se consacrer à l’enseignement à l’Opéra de Paris.

Introduction

Marie Taglioni est une danseuse et chorégraphe italienne née en 1804 à Stockholm. Après une carrière internationale exceptionnelle dans les plus grands théâtres européens, elle révolutionne le ballet romantique et la technique des pointes, devenant l’icône incontestée de son époque avant de se consacrer à l’enseignement à l’Opéra de Paris.

Biographie

1804 : Marie Sophie Taglioni naît le 23 avril à Stockholm, en Suède, d’un père italien, Filippo Taglioni, danseur et chorégraphe, et d’une mère suédoise, Sophie Karsten, danseuse et peintre.

1804-1820 : Marie passe presque toute son enfance à Paris avec sa mère et son frère Paul, également destiné à la carrière de danseur, tandis que son père Filippo occupe différents postes de maître de ballet dans les cours d’Europe. Elle devient l’élève de Jean-François Coulon, qui a été le professeur de son père, mais se montre peu assidue et use de subterfuges pour éviter les entraînements, préférant improviser sur la musique.

1822 : Son père, en poste à l’Opéra de Vienne, la fait venir auprès de lui et la soumet à un entraînement quotidien très rigoureux. Grâce à cette formation intensive, elle acquiert une technique et une élégance gestuelle irréprochables. Filippo corrige ses défauts physiques, notamment une légère déformation de la colonne vertébrale qui la fait se tenir voûtée, et lui apprend à gérer ses bras trop longs en les croisant sur sa poitrine ou en les tenant baissés, poignets joints. Marie fait ses débuts professionnels comme première danseuse à l’Opéra de Vienne.

1822-1826 : Elle se produit avec son père dans différentes villes allemandes : Cassel, Stuttgart et Munich, où elle remporte de grands succès.

1827 : Marie et son père sont engagés à Paris au Ballet de l’Opéra (alors Académie royale de musique). Elle y fait sensation dans ses variations du Sicilien.

1831 : Elle est promue première danseuse à l’Opéra de Paris. Cette même année, elle triomphe dans le « ballet des Nonnes » de l’opéra Robert le Diable de Giacomo Meyerbeer, créé par son père.

1832 : Le 12 mars, Marie obtient la consécration dans le rôle-titre du ballet-pantomime La Sylphide, chorégraphié par son père Filippo Taglioni sur un livret d’Adolphe Nourrit et une musique de Jean Schneitzhoeffer. Elle y perfectionne la technique des pointes avec une aisance et une légèreté sans effort apparent, donnant l’illusion de voler. Son costume de tulle vaporeux, inventé par Eugène Lami, devient le premier tutu long et fait d’elle l’archétype de la ballerine romantique. Le public voit en elle la réincarnation de Geneviève Gosselin, promotrice du genre morte prématurément.

1832-1847 : La renommée de « la Taglioni » s’étend à l’Europe entière. Pendant quinze ans, elle se produit dans les plus grands théâtres : Londres, Berlin, Milan, Saint-Pétersbourg, avec de fréquents retours à Vienne et à Paris. Elle s’illustre notamment dans les rôles de La Fille du Danube, La Gitana, La Laitière suisse et L’Ombre.

1837 : Elle termine son contrat avec l’Opéra de Paris. Le critique Théophile Gautier la qualifie de « poésie vivante » et affirme qu’« elle n’est pas une danseuse, c’est la danse elle-même ». Il compare son art à la poésie de Byron et Lamartine.

1838 : Elle signe un contrat de trois ans avec le Ballet impérial de Saint-Pétersbourg, où le chorégraphe Jules Perrot lui confie plusieurs grands rôles.

1845 : Le 26 juin, Jules Perrot crée pour elle et trois autres stars du ballet romantique (Fanny Cerrito, Carlotta Grisi et Lucile Grahn) le célèbre Pas de quatre au Her Majesty’s Theatre de Londres, sur une musique de Cesare Pugni. Ce ballet obtient un immense succès et réunit les quatre plus grandes ballerines de l’époque.

1847 : Après vingt-cinq années de carrière et de succès ininterrompus, Marie se retire de la scène à l’âge de 43 ans. Elle se retire dans sa villa sur le lac de Côme, en Italie.

1852 : Son père Filippo meurt dans la villa du lac de Côme.

1858 : Elle remarque la jeune Emma Livry qui débute dans le rôle de la Sylphide et reconnaît en elle son héritière spirituelle.

1859 : Marie est nommée inspectrice de la danse à l’Opéra de Paris, puis devient professeur de perfectionnement à l’école de l’Opéra. Elle est l’une des rares femmes maîtresses de ballet en Europe à cette époque.

1860 : Le 13 avril, elle institue le premier examen annuel du corps de ballet, qui se poursuit encore actuellement. Elle crée sa première et unique chorégraphie, Le Papillon, sur une musique de Jacques Offenbach, destinée à être dansée par Emma Livry en hommage à son talent.

1863 : Elle conçoit un deuxième ballet, Zara, également destiné à Emma Livry dans le rôle principal, mais le projet est arrêté lorsque son élève est victime d’un accident fatal : son tutu prend feu lors d’une représentation de La Muette de Portici. Emma Livry décède des suites de ses brûlures. Cette mort tragique constitue un grand choc pour Marie, qui s’était profondément attachée à cette élève.

1870 : La guerre franco-prussienne entraîne la fermeture de l’Opéra de Paris, mettant fin à son activité d’enseignante. Les placements en Bourse qu’elle et son père avaient effectués s’effondrent, la plongeant dans de graves difficultés financières.

1870-1880 : Ruinée par les spéculations financières de son père et la guerre, Marie s’exile à Londres où, pour subsister, elle donne des cours de danse classique et de danse de salon aux jeunes filles de la haute société anglaise.

1880 : Âgée de 76 ans, elle rejoint son fils Georges à Marseille.

1884 : Marie Taglioni s’éteint dans le dénuement le 22 avril à Marseille, à l’âge de 80 ans. Elle est d’abord inhumée au cimetière Saint-Charles de Marseille, puis transférée dans la tombe de son petit-fils Auguste Gilbert de Voisins au cimetière du Père-Lachaise à Paris (94e division).

Répertoire

Nous présentons les principaux rôles interprétés par Marie Taglioni au cours de sa carrière :

  • Variations du Sicilien (1827) – Opéra de Paris – Chorégraphie de Filippo Taglioni
  • Ballet des Nonnes dans Robert le Diable (1831) – Opéra de Paris – Chorégraphie de Filippo Taglioni
  • La Sylphide, rôle-titre (1832) – Opéra de Paris – Chorégraphie de Filippo Taglioni
  • La Fille du Danube (années 1830-1840) – Tournées européennes – Chorégraphie de Filippo Taglioni
  • La Gitana (années 1830-1840) – Tournées européennes – Chorégraphie de Filippo Taglioni
  • La Laitière suisse (années 1830-1840) – Tournées européennes – Chorégraphie de Filippo Taglioni
  • L’Ombre (années 1830-1840) – Tournées européennes – Chorégraphie de Filippo Taglioni
  • Pas de quatre (1845) – Her Majesty’s Theatre, Londres – Chorégraphie de Jules Perrot
  • Zéphire et Flore – Chorégraphie de Charles-Louis Didelot

Prix, distinctions et récompenses

Il n’existe pas de prix ou distinctions formelles décernés à Marie Taglioni. À son époque, le système de récompenses officielles pour les danseurs n’était pas aussi structuré qu’aujourd’hui. Sa reconnaissance s’est manifestée principalement par sa renommée internationale, ses cachets exceptionnels et son statut d’icône du ballet romantique.

Autres activités

Enseignement : Après sa retraite de la scène en 1847, Marie Taglioni se consacre à la transmission de son art. Elle devient professeur de perfectionnement à l’école de l’Opéra de Paris à partir de 1859, formant la nouvelle génération de danseuses. Elle enseigne également à Londres auprès des jeunes filles de la haute société anglaise, leur donnant des cours de danse classique et de danse de salon.

Chorégraphie : Marie crée sa première chorégraphie en 1860 avec Le Papillon, sur une musique de Jacques Offenbach, spécialement conçu pour Emma Livry. Elle travaille également sur un second projet chorégraphique, Zara, en 1863, mais celui-ci est interrompu par la mort tragique de son interprète principale.

Administration de la danse : En 1859, elle est nommée inspectrice de la danse à l’Opéra de Paris, fonction qu’elle occupe jusqu’en 1870. À ce titre, elle institue le 13 avril 1860 le premier examen annuel du corps de ballet, innovation pédagogique qui perdure encore aujourd’hui.

Gestion de carrière : Véritable femme d’affaires, Marie gère sa carrière avec une grande habileté entrepreneuriale. Elle négocie ses propres contrats dans les différents théâtres européens, obtenant les cachets les plus élevés de son époque, et administre également les contrats de son père et de son frère. Elle développe un solide réseau professionnel à travers l’Europe et cultive son image publique avec soin.

Écriture : Elle rédige des Souvenirs, un manuscrit autobiographique qui ne sera édité et publié qu’en 2017, offrant un témoignage précieux sur sa vie et sa vision de l’art chorégraphique.

Vie privée

Origines familiales : Marie Sophie Taglioni naît le 23 avril 1804 à Stockholm, en Suède. Son père, Filippo Taglioni (1777-1871), est un danseur et chorégraphe italien issu d’une famille d’artistes de la danse. Son grand-père paternel, Carlo Taglioni, était également danseur en Italie. Sa mère, Sophie Karsten (1783-1862), est une danseuse et peintre suédoise, ainsi qu’une harpiste accomplie.

Fratrie : Marie a un frère cadet, Paul Taglioni (1808-1884), qui devient lui aussi danseur et chorégraphe. Une nièce, également prénommée Marie Taglioni (1833-1891), fille de Paul, embrasse à son tour la carrière de danseuse et sera surnommée « la petite Taglioni » pour la distinguer de sa tante, appelée « la grande Taglioni ».

Mariage et descendance : Marie épouse Jean Pierre Victor Alfred Gilbert, comte Gilbert de Voisins, devenant ainsi comtesse Gilbert de Voisins. De cette union naît un fils, Georges Philippe Gilbert, comte Gilbert de Voisins. Ce mariage ne fut pas heureux selon les sources historiques. Un petit-fils, Auguste Gilbert de Voisins, perpétue la lignée familiale.

Relations sentimentales : Marie devient la maîtresse du prince russe Alexandre Vassilievitch Troubetskoï (1813-1899), qu’elle retrouve dans le palais Ca’ d’Oro de Venise qu’il met à sa disposition. Lorsqu’elle se marie, le prince épouse sa belle-mère, créant ainsi un lien familial complexe.

Fin de vie : Après avoir vécu dans l’opulence pendant sa carrière, Marie connaît des difficultés financières dues aux mauvais placements en Bourse effectués par son père et aux conséquences de la guerre de 1870. Elle s’exile à Londres pour subvenir à ses besoins avant de rejoindre son fils Georges à Marseille en 1880. Elle meurt dans la misère le 22 avril 1884 à Marseille, à l’âge de 80 ans, la veille de son quatre-vingtième anniversaire.

Vos questions

Marie Taglioni a-t-elle inventé la danse sur pointes ?

Marie Taglioni n’a pas inventé la technique de la danse sur pointes, car des danseuses comme Geneviève Gosselin l’avaient utilisée avant elle. Cependant, elle est considérée comme l’initiatrice de cette technique car elle fut la première à danser des ballets entiers sur pointes avec une maîtrise exceptionnelle et sans effort apparent. Dans La Sylphide en 1832, elle perfectionne cette technique en renforçant ses chaussons pour créer l’illusion d’une extrême légèreté, transformant un simple exploit acrobatique en une expression poétique du ballet romantique.

Quel est le rôle le plus célèbre de Marie Taglioni ?

Le rôle le plus célèbre de Marie Taglioni était celui de la Sylphide dans le ballet éponyme, créé le 12 mars 1832 à l’Opéra de Paris. Ce ballet-pantomime, chorégraphié par son père Filippo Taglioni, représentait l’apogée du ballet romantique et marquait la consécration définitive de la danseuse. Dans ce rôle, Marie incarnait une créature surnaturelle vêtue d’un costume révolutionnaire en tulle blanc, et l’identité de la danseuse s’est confondue avec celle de son personnage au point que cette association perdura toute sa vie.

Pourquoi Marie Taglioni a-t-elle terminé sa vie dans la pauvreté ?

Marie Taglioni a terminé sa vie dans la misère en raison de plusieurs catastrophes financières convergentes. La guerre franco-prussienne de 1870 a entraîné la fermeture de l’Opéra de Paris, mettant fin à son activité d’enseignante, tandis que les placements en Bourse effectués par elle et son père se sont effondrés. Ruinée, elle a dû s’exiler à Londres pour donner des cours particuliers aux jeunes filles de la haute société, avant de rejoindre son fils à Marseille où elle est décédée dans le dénuement en 1884.

Quelle était la relation entre Marie Taglioni et son père Filippo Taglioni ?

La relation entre Marie Taglioni et son père Filippo était une collaboration artistique et entrepreneuriale exceptionnellement étroite. Filippo l’a formée rigoureusement et a chorégraphié la plupart de ses ballets, créant des rôles sur mesure pour elle. Progressivement, Marie est devenue une véritable femme d’affaires négociant les contrats pour toute la famille, leurs cachets les plus élevés, transformant leur lien en un partenariat horizontal où Filippo devenait dépendant de sa fille pour exercer sa profession.

Qui était Emma Livry et quel lien avait-elle avec Marie Taglioni ?

Emma Livry était une jeune danseuse prodige française que Marie Taglioni a découverte et prise sous son aile lorsqu’elle enseignait à l’Opéra de Paris. Marie a reconnu en elle son héritière spirituelle et a créé pour elle en 1860 sa première et unique chorégraphie, Le Papillon, sur une musique de Jacques Offenbach. Tragiquement, Emma Livry est morte en 1863 des suites d’un accident de scène où son tutu avait pris feu, ce qui a été un choc immense pour Marie et a marqué symboliquement la fin de l’ère du ballet romantique.

Comment Marie Taglioni a-t-elle influencé le costume de ballet ?

Marie Taglioni a révolutionné le costume de ballet avec le tutu romantique qu’elle a porté pour la première fois dans La Sylphide en 1832, créé par le dessinateur Eugène Lami. Ce costume en tulle blanc vaporeux descendant jusqu’aux mollets permettait de mettre en valeur le travail de jambes et la technique des pointes tout en créant une silhouette éthérée adaptée aux personnages surnaturels du ballet romantique. Ce tutu romantique est devenu l’archétype du costume de la ballerine et reste la base de l’uniforme de la danseuse classique depuis plus d’un siècle et demi.

Quel est le lien entre Marie Taglioni et Alice Taglioni ?

Alice Taglioni, l’actrice française née en 1976, partage le même nom de famille que Marie Taglioni car son père est d’origine lombarde, la Lombardie étant également la région d’origine de la famille Taglioni au XIXe siècle. Cependant, aucune source ne confirme l’existence d’un lien de parenté direct entre l’actrice contemporaine et la célèbre danseuse du ballet romantique. Il s’agit donc vraisemblablement d’un simple partage du même patronyme italien, sans lien familial établi.

Fiche d'identité

  • Nom : Marie Taglioni
  • Nationalité : Italie
  • Née à Stockholm (Suède)
  • Date de naissance : 23 avril 1804
  • Date de décès : 22 avril 1884
  • Fonctions : Danseuse, Chorégraphe, Professeure

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