La Bayadère
La Bayadère est un grand ballet-pantomime de 1877 en quatre actes, chorégraphié à l’origine par Marius Petipa sur une partition de Léon Minkus. Le livret, écrit par Marius Petipa lui-même avec la collaboration de Sergueï Khoudekov, nous transporte dans une Inde de légende. Nous y suivons l’histoire des amours contrariées entre une danseuse sacrée, la bayadère Nikiya, et un noble guerrier, Solor. Leur passion se heurte à la jalousie et aux intrigues du Grand Brahman, également épris de Nikiya, et du Rajah, qui destine sa propre fille, la fière Gamzatti, à Solor.
Sommaire :
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ℹ️ Ballet La Bayadère
- Librettistes : Marius Petipa, Sergueï Khoudekov
- Compositeur : Léon Minkus
- Chorégraphe : Marius Petipa
- Composition : Années précédant 1877
- Date de 1ère représentation : le 4 février 1877 (c'était le 23 janvier 1877 selon le calendrier julien)
- Lieu de la 1ère représentation : ballet Théâtre Bolchoï Kamenny, à Saint-Pétersbourg, en Russie
- Sources littéraires : Le livret est inspiré de deux drames du poète indien Kâlidâsa : Shakuntala et Le Chariot de terre cuite
- Genre : ballet romantique
- Nb d'actes : 4
- Nb de tableaux : 7
Rôles et personnages
Voici les principaux rôles et personnages du ballet La Bayadère.
Personnages principaux
- Nikiya : La bayadère, danseuse sacrée du temple et protagoniste du ballet
- Solor : Un noble et courageux guerrier, amoureux de Nikiya
- Gamzatti : La fille du Rajah, fiancée à Solor et rivale de Nikiya
Personnages secondaires
- Le Grand Brahman : Le grand prêtre du temple, secrètement amoureux de Nikiya
- Le Rajah Dugmanta : Le souverain, père de Gamzatti
- Aya : La servante de Gamzatti
Rôles de solistes et corps de ballet
- L’Idole Dorée : Un célèbre solo masculin, représentant une divinité dans le temple
- Danseur Manou : Un danseur qui exécute une danse avec une cruche d’eau
- Les trois Ombres : Trois solistes principales qui introduisent le « Royaume des Ombres »
- Les Bayadères : Le corps de ballet des danseuses du temple
- Les Fakirs : Des ascètes et hommes saints
- Les Guerriers : Les compagnons d’armes de Solor
Synopsis (histoire)
Voici le synopsis du ballet La Bayadère.
La Bayadère raconte l’histoire tragique d’amour entre Nikiya, danseuse sacrée d’un temple hindou, et Solor, noble guerrier. Cette œuvre met en scène les conflits classiques du ballet romantique mêlant amour, jalousie, intrigues, meurtre et vengeance dans un décor exotique de l’Inde antique.
Acte I
Scène 1 : Dans la forêt sacrée, à l’extérieur d’un temple indien
Dans un temple hindou, nous assistons à la célébration de la fête du feu sacré. Solor, noble guerrier, revient de la chasse au tigre qu’il souhaite offrir au rajah de Golconde. Pendant que ses compagnons continuent la chasse, il reste près du temple pour retrouver sa bien-aimée Nikiya, l’une des bayadères (danseuses sacrées) du temple.
Les deux amoureux se retrouvent et se jurent mutuellement un amour éternel devant le feu sacré, guidés par Magdaveya, le chef des fakirs dont la mission est de veiller sur le feu sacré. Le Grand Brahmane, également épris de Nikiya malgré son caractère sacerdotal, découvre à l’improviste les relations secrètes des deux jeunes gens. Jaloux, il conçoit le projet de se débarrasser de Solor, son rival inconscient, afin de garder Nikiya pour lui seul.
Scène 2 : Une pièce dans le palais du rajah
Dugmanta, rajah de Golconde, a l’intention de fiancer sa fille Gamzatti au valeureux Solor. Celui-ci, tenu par son serment fait à Nikiya, tente de se dérober mais est contraint d’obéir aux ordres du rajah.
Le Grand Brahmane vient trouver le rajah pour lui révéler les relations secrètes entre Solor et Nikiya. Il espère que le souverain punira Solor, mais son plan échoue : Dugmanta, loin d’être en colère contre le guerrier, décide que c’est Nikiya qui doit payer de sa vie pour avoir trahi sa mission sacrée de se vouer uniquement au temple.
Gamzatti, qui a surpris cette conversation à travers la porte, convoque Nikiya au palais. Elle lui annonce ses fiançailles avec Solor et tente de la soudoyer avec de précieux bijoux pour qu’elle renonce à son amour. Nikiya refuse de la croire. Une rivalité furieuse surgit entre les deux jeunes femmes. Poussée à bout, Nikiya finit par saisir un poignard et se précipite sur Gamzatti pour la tuer, mais son bras est arrêté de justesse par Aya, la servante-esclave de Gamzatti.
Nikiya, horrifiée par le geste qu’elle allait commettre, s’enfuit éperdue au comble du désespoir. Gamzatti fait à son tour le serment de tuer la bayadère, mais le meurtre doit s’accomplir de manière déguisée, sous l’apparence d’un accident.
Acte II
Le jardin du palais : célébration des fiançailles
Lors de la fastueuse célébration des fiançailles au palais, en présence de toute la cour, des prêtres et du Grand Brahmane, nous assistons à une grande procession en l’honneur de l’idole Badrinata. Solor, tout triste car il doit subir cette union forcée avec Gamzatti qu’il n’aime pas, est perché à quatre mètres du sol sur un éléphant couvert de bijoux.
Cette procession grandiose est suivie d’un grand divertissement comprenant diverses danses de caractère et des danses pour les esclaves. Parmi ces divertissements figure la Danse Manu, où une ballerine essaie de garder une jarre remplie d’eau en équilibre sur sa tête tout en la soustrayant à la convoitise de deux filles assoiffées, suivie de la Danse infernale au son des tambourins.
Nikiya, qui sait maintenant qui est le fiancé de Gamzatti, est contrainte de venir danser comme elle s’y était engagée. Apparaissant dans la grande salle, elle exécute une danse poignante, pleine de tristesse, tout en jouant sur sa vînâ. Au cours de cette danse pathétique, le chef des fakirs Magdaveya s’approche d’elle discrètement et lui présente une corbeille de fleurs avant de s’éclipser rapidement.
Nikiya interprète ce cadeau comme un hommage silencieux de Solor et, pleine d’un fol espoir, entame une danse finale joyeuse et endiablée. Elle ignore que le cadeau vient en fait du rajah et de Gamzatti, qui ont fait cacher un serpent venimeux sous les fleurs. Après avoir tournoyé dans sa danse, la bayadère serre la corbeille contre son cœur et le serpent la mord au cou.
Elle se fige, désigne d’un doigt accusateur ses meurtriers (Gamzatti et le rajah), et s’effondre au sol. Le Grand Brahmane se précipite et met dans sa main un contre-poison qu’il garde toujours sur lui, la suppliant de le boire immédiatement. Mais Nikiya, maintenant lucide sur la situation et sachant inéluctable le mariage de Solor avec Gamzatti, refuse le remède et choisit de mourir plutôt que de vivre sans son amour.
Acte III
Scène 1 : La chambre de Solor
Au cours de la nuit suivante, dans sa chambre, Solor désespéré fume l’opium que lui proposent son ami Toloragva et le fakir Magdaveya afin de calmer la douleur de son deuil.
Scène 2 : Le Royaume des Ombres
Peu à peu, dans son délire opiacé, les contours de la chambre de Solor s’effacent. Il se voit transporté ailleurs, dans un lieu nocturne et étoilé, une sorte de nirvana : le paisible Royaume des Ombres. C’est là qu’il retrouve l’ombre vivante (ou fantôme) de Nikiya, parmi les ombres d’autres bayadères.
Dans ce royaume mystique, les deux amoureux peuvent enfin vivre leur amour librement, entourés par les esprits des autres danseuses sacrées décédées. Cette scène, dépourvue d’action dramatique, est organisée comme un grand pas classique où la chorégraphie pure et la beauté du mouvement priment sur la narration.
Épilogue (selon les versions)
Version originale de 1877 : Lorsque Solor se réveille au matin, il est confronté à la dure réalité des préparatifs du mariage avec Gamzatti. L’union doit avoir lieu dans le temple. Avant et durant la cérémonie, l’ombre adorée de Nikiya vient hanter Solor et lui apparaît alors même qu’il est avec Gamzatti.
Au moment où le Grand Brahmane est sur le point d’unir leurs mains, la colère des dieux éclate pour venger le meurtre de Nikiya. Dans un terrible orage, la foudre ne cesse de tomber sur le temple jusqu’à le détruire ainsi que tous ceux qui y sont présents. Solor meurt et son ombre s’élève pour s’unir à celle de Nikiya, à jamais réunies dans l’heureux Royaume des Ombres.
Version fréquemment adoptée de nos jours : Solor ne se réveille pas après cette nuit de prise d’opium destinée à calmer la douleur de son deuil. Les deux amants, désormais unis dans la mort, vivent à jamais leur amour dans le paisible Royaume des Ombres, ce qui permet au ballet de se conclure sur cette vision onirique et poétique.
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Programme / Livret
Voici le programme du ballet La Bayadère.
Introduction
Acte I
Premier tableau – Dans la forêt sacrée, à l’extérieur d’un temple indien
- Solor revient de la chasse au tigre
- Arrivée des prêtres
- Fête du feu sacré
- Apparition de Nikiya
- Variation: Nikiya
- L’eau sacrée
- Le fakir Magdaveya et Solor – Nikiya revient
- Pas de deux : Nikiya et Solor
- Nikiya et Solor se jurent un amour éternel sous le regard du Grand Brahmane observant la scène sans être vu d’eux
Deuxième tableau – Une pièce dans le palais du rajah
- Annonce des fiançailles
- Le Grand Brahmane dénonce Nikiya et Solor au Rajah
- Gamzatti essaie de soudoyer Nikiya, elles s’affrontent violemment
Acte II
Le jardin du palais
- Prélude
- La grande procession
- Pas d’action I
- Pas d’action II
- Pas d’action III
- Pas d’action IV (variation de l’Idole dorée et diverses danses)
- Adage de Solor et de Gamzatti
- Variation de Solor
- Variation de Gamzatti
- Danse des éventails
- Entrée de Nikiya et variation avec la corbeille de fleurs
- Le serpent mord Nikiya, qui meurt
Acte III
Premier tableau – Attristé par la mort de Nikiya, Solor fume de l’opium et entre en rêve
Deuxième tableau – Le Royaume des Ombres
- Valse
- Variation : Solor
- Pas de deux I
- Pas de deux II
- Variation I
- Variation II
- Variation III
- Pas de deux
Acte IV (dans la version originale)
La cérémonie de mariage au temple entre Gamzatti et Solor
- Cérémonie de mariage au temple entre Gamzatti et Solor
- Apparitions répétées de Nikiya aux yeux seuls de Solor
- Orage. Colère des dieux vengeant la mort de Nikiya. Destruction du temple sur les assistants
- Apothéose. L’ombre de Solor rejoint à jamais celle de Nikiya dans le paisible Royaume des Ombres
Versions
Voici les principales versions du ballet La Bayadère élaborées après la création originale de Marius Petipa en 1877.
- Marius Petipa (1900) pour le Ballet impérial de Saint-Pétersbourg, révision majeure de sa propre création originale avec modifications de la scène du Royaume des Ombres (désormais dans un paysage rocheux des Himalayas dans l’obscurité), augmentation du corps de ballet de 32 à 48 danseuses, et ajout de nouvelles variations plus difficiles pour les solistes
- Alexandre Gorski et Vassili Tikhomirov (1904) pour le Ballet du Théâtre Impérial du Bolchoï à Moscou, avec Adelaide Giuri (Nikiya), Tikhomirov (Solor) et Ekaterina Gueltzer (Gamzatti), incluant des costumes et une chorégraphie plus fidèles au cadre indien, notamment des vêtements hindous pour le Royaume des Ombres au lieu des traditionnels tutus blancs
- Fiodor Lopoukhov (1920) pour le Ballet du Kirov avec Olga Spessivtseva, version qui supprime définitivement l’acte IV original (« La colère des dieux ») pour des raisons économiques et idéologiques, créant un nouveau final où Solor ne se réveille pas de son rêve d’opium et rejoint Nikiya dans la mort
- Agrippina Vaganova (1932) pour le Ballet du Kirov, chorégraphiée pour son élève Marina Semenova dans le rôle de Nikiya, avec révision des danses techniques incluant notamment des triples pirouettes sur pointe et des piqués tournés rapides qui deviendront standard
- Vakhtang Chabukiani et Vladimir Ponomariov (1941) pour le Ballet du Kirov, version qui devient la référence pour la plupart des productions ultérieures, avec révision de nombreuses scènes secondaires pour accélérer l’action, transformation du Grand pas d’action en Grand pas classique, et nouvelles variations virtuoses pour Solor chorégraphiées par Chabukiani lui-même
- Rudolf Noureev (1963) pour le Royal Ballet de Londres, première présentation en Occident de la scène du Royaume des Ombres avec Margot Fonteyn dans le rôle de Nikiya, orchestration réalisée par John Lanchbery à partir d’une réduction piano, événement considéré comme l’un des plus grands moments de l’histoire du ballet
- Natalia Makarova (1974) pour l’American Ballet Theatre à New York, première représentation de toute partie de La Bayadère aux États-Unis, limitée au Royaume des Ombres
- Natalia Makarova (1980) pour l’American Ballet Theatre, première version complète en Occident avec restauration controversée de l’acte IV disparu, musique manquante recomposée par John Lanchbery, réduction du corps de ballet de 32 à 24 danseuses pour s’adapter à la scène du Lincoln Center
- Iouri Grigorovitch (1991) pour le Ballet du Bolchoï, version entièrement nouvelle du maître choreographe soviétique
- Rudolf Noureev (1992) pour le Ballet de l’Opéra de Paris, testament artistique du grand danseur peu avant sa mort, utilisant la partition originale de Minkus (partiellement photocopiée en urgence en Russie), décors somptueux d’Ezio Frigerio inspirés du Taj Mahal, costumes de Franca Squarciapino importés d’Inde, version qui reste le répertoire exclusif de l’Opéra de Paris
- Sergueï Vikharev (2001) pour le Ballet du Théâtre Mariinski, reconstitution historique de la version 1900 de Petipa basée sur les notations Stepanov de la Collection Sergueïev, avec restauration complète de l’acte IV original, de la partition manuscrite de Minkus retrouvée dans les archives, et des décors et costumes d’époque reconstitués d’après les documents originaux
Adaptations au cinéma
Adaptation au cinéma du ballet La Bayadère.
- Version du Kirov/Mariinsky (1977) filmée pour la télévision soviétique, dans la version Ponomarev/Chabukiani de 1941, avec Gabriella Komleva dans le rôle de Nikiya, Tatiana Terekhova dans celui de Gamzatti, et Rejen Abdeyev dans celui de Solor, devenue la référence filmée de la version traditionnelle russe
- Version du Royal Ballet (1994) diffusée par PBS et gravée sur DVD, dans la production de Natalia Makarova de 1989, avec Altynai Assylmuratova (Nikiya), Darcey Bussell (Gamzatti) et Irek Moukhamedov (Solor), première captation complète en Occident du ballet dans sa version intégrale avec le quatrième acte
- Version de La Scala (date récente) filmée dans la production de Natalia Makarova montée pour le théâtre milanais, avec les décors de Pier Luigi Samaritani conservés de la version originale américaine
- Version de l’Opéra de Paris dans la production de Rudolf Noureev de 1992, diffusée en exclusivité au cinéma dans plus de 400 salles dans le monde par Pathé Live, témoignage précieux du testament artistique du grand danseur avec les somptueux décors d’Ezio Frigerio
- Version du Bolchoï (2018-2019) diffusée au cinéma dans le cadre de la saison Pathé Live, dans la version d’Iouri Grigorovitch de 1991, présentée comme « reflet de l’Inde fantasmée des saris colorés et des temples sacrés » avec la célèbre scène du Royaume des Ombres
- Diverses captations contemporaines incluant les productions du Ballet national du Canada, de l’Australian Ballet, et du Ballet national des Pays-Bas, souvent disponibles en formats numériques pour la préservation du patrimoine chorégraphique
Le voir sur scène
FAQ
Voici les principales questions concernant le ballet La Bayadère.
Qu’est-ce qu’une bayadère ?
Une bayadère est une danseuse sacrée dans la tradition hindoue, également appelée « servante » dans un temple indien. Dans le contexte du ballet, Nikiya est présentée comme l’une de ces danseuses sacrées dont la mission est de se vouer uniquement au temple et à ses divinités. Le terme évoque l’exotisme de l’Inde du XIXe siècle tel que l’imaginaient les Européens de l’époque.
Pourquoi La Bayadère est-elle si peu connue comparée aux autres grands ballets ?
La Bayadère est restée longtemps inconnue en Occident à cause de la dégradation des relations entre l’URSS et les pays occidentaux au cours du XXe siècle. Les publics parisiens et londoniens ne découvrent qu’un extrait (la scène du Royaume des Ombres) en 1961 lors de la tournée du Kirov, soit près d’un siècle après sa création. Ce n’est qu’avec les versions de Rudolf Noureev (1963, puis 1992) et de Natalia Makarova (1980) que l’œuvre complète arrive véritablement en Occident.
Qu’est-ce que le Royaume des Ombres dans La Bayadère ?
Le Royaume des Ombres est la scène la plus célèbre du ballet, située au troisième acte lorsque Solor, sous l’effet de l’opium, rêve qu’il retrouve l’esprit de Nikiya. C’est un passage purement chorégraphique, sans action dramatique, où les fantômes des bayadères décédées dansent dans un décor mystique et nocturne. Cette scène est considérée comme l’un des sommets du ballet classique et constitue un véritable défi technique pour le corps de ballet.
Combien d’actes compte La Bayadère ?
Le nombre d’actes varie selon les versions présentées :
– Version originale (1877) : quatre actes avec l’apothéose finale où le temple s’écroule
– Versions modernes courantes : trois actes se terminant sur le Royaume des Ombres
– Version Lopoukhov (1920) : suppression définitive du quatrième acte pour des raisons économiques et idéologiques
– Version Makarova (1980) : reconstitution controversée du quatrième acte avec musique recomposée
Comment est la musique de Léon Minkus dans La Bayadère ?
Bien que souvent considérée comme de la « musique dansante » typique du milieu du XIXe siècle, la partition de Minkus pour La Bayadère contient des pages remarquables, notamment pour le Royaume des Ombres. La musique reflète la vision exotique européenne de l’Asie du Sud plutôt qu’une authentique inspiration indienne. Certaines orchestrations modernes de John Lanchbery ont été controversées, les puristes préférant entendre la partition originale de Minkus.
Quelle est la différence entre La Bayadère du Kirov et celles de l’Opéra de Paris ?
Les principales différences concernent la fidélité aux sources et la présentation :
– Version Kirov : suit la tradition Ponomarev/Chabukiani de 1941, considérée comme la référence technique
– Version Opéra de Paris : création personnelle de Rudolf Noureev (1992) avec partition originale de Minkus, décors somptueux inspirés du Taj Mahal
– Chorégraphie : Noureev conserve l’essentiel de la version traditionnelle mais y ajoute sa vision artistique personnelle
– Fin : l’Opéra de Paris termine sur le Royaume des Ombres, évitant la violence du final original
Comment les danseurs se préparent-ils pour la scène du Royaume des Ombres dans La Bayadère ?
La scène du Royaume des Ombres exige une synchronisation absolue entre toutes les ballerines du corps de ballet, ce qui en fait un véritable défi technique. Les danseuses doivent maîtriser l’entrée emblématique où elles descendent une par une un plan incliné en première arabesque, suivie d’un pas en arrière, dans une obscurité partielle avec des effets de projecteurs. Cette scène est souvent considérée comme l’épreuve la plus élaborée pour évaluer la qualité d’un corps de ballet.