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Benjamin Millepied transforme Roland-Garros en scène de danse pour la finale messieurs

Par danseclassique.info, le 07/06/2026

Ce dimanche 7 juin 2026, à 15h, avant même que les joueurs ne foulent la terre battue du court Central, c’est un autre type de virtuosité qui s’y exprimera. Le chorégraphe Benjamin Millepied a imaginé une cérémonie de danse originale pour précéder la finale messieurs de Roland-Garros. Un moment inédit, pensé pour des millions de spectateurs.

Chorégraphie de Benjamin Millepied à Roland-Garros 2026
Danse chorégraphiée par Benjamin Millepied à Roland-Garros 2026

Le tennis est depuis longtemps un sport de gestes, de trajectoires, de précision chorégraphiée. Mais ce dimanche 7 juin 2026, Roland-Garros franchit un pas supplémentaire en invitant la danse à s’emparer du court Central avant la finale messieurs. À 15h, Benjamin Millepied (danseur étoile, chorégraphe et fondateur du L.A. Dance Project) présentera une création originale sur la scène la plus regardée du tennis mondial.

Ce n’est pas tout à fait une première dans l’histoire du tournoi, mais c’est une ambition nouvelle. Amélie Mauresmo, ancienne championne de tennis française et directrice du tournoi, voulait cette fois des danses « audacieuses et ambitieuses » pour vraiment marquer les esprits.

Une chanson française pour la finale la plus regardée de l’année

Pour accompagner ce moment, Millepied a fait un choix fort et inattendu : une reprise de Modern Love de David Bowie par la chanteuse française Zaho de Sagazan, dans une version augmentée d’une composition instrumentale signée Sylvain Millepied, son frère, pour atteindre les six minutes demandées par Roland-Garros.

« Modern Love, c’est la joie pure », explique le chorégraphe. « Et comme ça évoquait tellement les années 80, ça m’a donné l’idée d’utiliser des pompons, ce que je n’avais jamais fait. Quand j’ai commencé à me plonger dans les compétitions de pompons, j’ai réalisé que graphiquement, c’est absolument fou. »

La structure du morceau a aussi été pensée comme une surprise : une introduction instrumentale suffisamment saisissante pour tenir le public en haleine, avant que la chanson ne surgisse comme une révélation.

Un défi chorégraphique hors du commun

Créer une danse pour Roland-Garros, ce n’est pas chorégraphier pour une salle de spectacle. C’est concevoir un objet hybride, pensé simultanément pour deux types de public très différents.

« Je pense en permanence à l’emplacement des caméras », dit Millepied. « Nous préparerons une version filmée à remettre aux cadreurs qui travailleront le jour J. »

Le terrain lui-même pose des contraintes inédites : les danseurs sont régulièrement séparés par le filet, se retrouvent dos à dos, face à des directions opposées. Comme le souligne Daisy Jacobson, danseuse et directrice des répétitions : « C’est presque comme deux scènes distinctes. Faire en sorte que tout le monde exécute les pas en même temps tout en restant beau sous tous les angles, c’est un vrai défi. »

La terre battue elle-même est un partenaire capricieux. « Danser sur la terre battue, qui accroche et sur laquelle on peut en même temps glisser, c’est quelque chose de particulier », note Millepied. Lors des répétitions, les danseurs portaient des vêtements de pratique et des chaussettes. Pas question de risquer de tacher les costumes avec la fine poussière rouge, ni d’abîmer la surface avec des semelles inadaptées.

La danse comme langage universel du sport

Pour Millepied, la parenté entre tennis et danse est une évidence : changements de direction constants, agilité, précision, concentration, coordination avec l’autre, anticipation. Mais plutôt que d’imiter le jeu, il a choisi de laisser la musique guider le mouvement. Roland-Garros lui avait d’ailleurs déconseillé de trop coller au thème tennistique, jugeant que cela aurait pu paraître trop convenu.

Le style de la pièce mêle plusieurs univers. « Je suis impatient de montrer ces différentes choses sur cette scène », dit-il, « pas forcément ce qu’un public de ces événements pourrait attendre. » Du ballet classique à la danse contemporaine en passant par des formes plus populaires, la palette est large, et l’ambition claire.

« Vu l’état du monde, on a envie de voir un grand groupe de danseurs très différents, et ce que c’est que de vivre ensemble sur ce terrain pendant six minutes. Montrer à quel point il est possible de s’écouter, de se regarder, d’échanger, de se donner de l’élan », confie le chorégraphe.

Une scène déjà rêvée

L’un des danseurs, Jean Soubirou, résumait l’émotion collective lors d’une répétition sur le court vide : « Je suis encore un peu sous le choc. Le sport en France est tellement important. J’ai joué au tennis pendant dix ans et c’était mon rêve de jouer à Roland-Garros. Et maintenant, j’y suis ! »

C’est peut-être là tout le sens de ce projet : transformer un rêve d’enfant en art. Et offrir à des millions de spectateurs un instant suspendu entre le monde du sport de haut niveau et celui de la danse… Avant que la balle ne revole sur le court Central.

La cérémonie précédant la finale messieurs de Roland-Garros est prévue ce dimanche 7 juin 2026 à partir de 15h sur le court Philippe-Chatrier.

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