Marie-Adrienne Chameroy, née le 5 mai 1779 à Paris et morte le 15 octobre 1802 dans la même ville, est une danseuse classique française de l'Opéra de Paris. Formée par le célèbre maître de ballet Pierre Gardel, elle s'impose rapidement comme l'une des figures les plus gracieuses et prometteuses de sa génération. Sa disparition prématurée à l'âge de 23 ans, suivie du refus de l'Église de lui accorder des obsèques religieuses, déclenche une véritable affaire d'État sous le Consulat de Napoléon Bonaparte.
Biographie
1779. Marie-Adrienne Chameroy naît à Paris le 5 mai. Elle se consacre très jeune à l’apprentissage de la danse et étudie sous la direction de Pierre Gardel, figure majeure de l’Opéra de Paris.
1796. Elle fait des débuts remarqués à l’Opéra de Paris en février. Elle y interprète le rôle de Terpsichore, la muse de la danse, dans le ballet Psyché. Sa beauté, sa technique rigoureuse et sa grâce naturelle lui attirent immédiatement un grand nombre d’admirateurs.
1797. Elle s’illustre de manière spectaculaire dans le ballet Anacréon chez Polycrate. Lors de cette représentation, elle parvient à traduire par les mouvements de ses pieds et ses variations physiques les notes, les traits et les trilles articulés par la clarinette de l’orchestre. Les critiques de l’époque louent son agilité. L’écrivain Alphonse Royer souligne qu’elle possède la même vigueur et la même adresse que le célèbre Auguste Vestris, tout en y joignant une grâce inimitable.
1802. Sa carrière s’interrompt brutalement. Marie-Adrienne Chameroy meurt à Paris le 15 octobre, à l’âge de 23 ans, des suites d’un accouchement difficile. Les historiens de la danse s’accordent à dire qu’elle était promise à devenir l’une des plus grandes étoiles de l’Opéra de Paris.
L’affaire des funérailles
Le 18 octobre 1802, le convoi funèbre de la jeune femme se dirige vers l’église Saint-Roch, sa paroisse d’origine. À l’arrivée du cortège, la foule découvre des portes closes et dépourvues de tentures de deuil. Le curé de la paroisse, Jean-Baptiste Marduel, refuse d’accueillir le corps et de célébrer l’office. Ce refus s’appuie sur l’antique interdit jeté par l’Église sur les comédiens et les gens de spectacle, considérés comme excommuniés.
Une émeute menace d’éclater parmi la foule indignée. L’acteur Dazincourt intervient pour calmer les esprits. Le cortège se dirige finalement vers l’église des Filles-Saint-Thomas, une succursale de Saint-Roch. Le prêtre de cette paroisse accepte d’ouvrir ses portes et de célébrer les obsèques religieuses de la danseuse.
L’incident remonte rapidement jusqu’au Premier Consul, Napoléon Bonaparte, alors installé à Saint-Cloud. Soucieux de préserver la paix civile récemment instaurée par le Concordat de 1801, Bonaparte s’indigne de l’attitude du curé de Saint-Roch. Il estime que ce comportement encourage l’intolérance religieuse et nuit à sa politique d’apaisement. À sa demande, une note cinglante est publiée dans le journal officiel Le Moniteur le 30 vendémiaire an XI (22 octobre 1802):
« L’archevêque de Paris a ordonné trois mois de retraite au curé de Saint-Roch, afin qu’il puisse se souvenir que Jésus-Christ commande de prier même pour ses ennemis, et que, rappelé à ses devoirs par la méditation, il apprenne que toutes ces pratiques superstitieuses, conservées par quelques rituels, et qui, nées dans les temps d’ignorance ou créées par des cerveaux échauffés, dégradaient la religion par leurs niaiseries, ont été proscrites par le Concordat et par la loi du 18 germinal. »
Le Moniteur, octobre 1802
Cette affaire d’État accélère la chute en désuétude des censures ecclésiastiques contre les artistes du spectacle en France. Dès l’hiver suivant, les services funèbres des comédiens Molé et Mademoiselle Raucourt sont célébrés sans encombre dans les églises parisiennes.
Marie-Adrienne Chameroy est inhumée au cimetière du Champ du Repos, qui deviendra plus tard le cimetière de Montmartre. Sa sépulture, autrefois entourée d’un petit jardin, a aujourd’hui disparu.
Répertoire
- Psyché (1796): Terpsichore (chorégraphie de Pierre Gardel)
- Anacréon chez Polycrate (1797): Rôle de soliste
FAQ
Qui était Marie-Adrienne Chameroy ?
Marie-Adrienne Chameroy était une célèbre danseuse classique française de la fin du XVIIIe siècle. Elle s’est illustrée au sein du Ballet de l’Opéra de Paris avant sa disparition prématurée à l’âge de 23 ans.
Quel scandale a entouré la mort de Marie-Adrienne Chameroy ?
À sa mort en 1802, le curé de l’église Saint-Roch à Paris a refusé d’accueillir sa dépouille et de célébrer ses obsèques en raison de sa profession de danseuse. Cet affront a provoqué une vive indignation populaire et l’intervention directe du Premier Consul Napoléon Bonaparte.
Où Marie-Adrienne Chameroy a-t-elle été enterrée ?
Après le refus de l’église Saint-Roch, son convoi funèbre a été accueilli à l’église des Filles-Saint-Thomas. Elle a ensuite été inhumée au cimetière du Champ du Repos, qui est devenu plus tard le cimetière de Montmartre à Paris.
Fiche d'identité
- Nom : Marie-Adrienne Chameroy
- Nationalité : France
- Née à Paris (France)
- Date de naissance : 05 mai 1779
- Date de décès : 15 octobre 1802
- Fonction : Danseuse
- Niveau atteint : Soliste
- Compagnie associée : Ballet de l'Opéra national de Paris
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