Double cabriole
Définition
La double cabriole est un saut de grande virtuosité dans lequel les jambes s’entrechoquent deux fois en l’air avant que le danseur ne retombe au sol sur la jambe de terre. Ce pas est une extension complexe de la cabriole simple, où le battement des jambes (le choc des mollets) ne se produit qu’une seule fois. Il s’agit d’un mouvement spectaculaire, principalement exécuté par les danseurs masculins dans les variations de bravoure, bien qu’il soit également abordé par les danseuses de haut niveau dans certains répertoires contemporains ou néoclassiques.
L’esthétique de la double cabriole repose sur l’impression de suspension, appelée « ballon ». Le public doit avoir l’illusion que le danseur reste immobile dans les airs pendant que ses jambes effectuent leurs percussions rapides. Ce pas peut être exécuté dans différentes directions, le plus souvent devant ou derrière, et nécessite une puissance musculaire explosive alliée à une grande précision rythmique.
Technique
- Le mouvement débute généralement par un plié profond, souvent précédé d’un pas d’élan comme un chassé, un coupé ou un pas de valse pour générer l’impulsion nécessaire.
- La jambe de tête est lancée vigoureusement dans la direction souhaitée (devant, derrière ou à la seconde) par un grand battement, entraînant le corps vers le haut.
- La jambe de terre quitte le sol immédiatement après et vient rejoindre la première jambe en l’air.
- L’entrechat (le battement) se produit au sommet du saut : la jambe inférieure frappe la jambe supérieure par-dessous, s’en détache très légèrement, puis la frappe une seconde fois de manière nette et audible.
- Pendant ces deux battements, le danseur doit maintenir une élévation maximale pour laisser le temps aux jambes de s’exécuter avant que la gravité ne le ramène au sol.
- La réception se fait sur la jambe de terre en amortissant par un plié contrôlé, tandis que la jambe de tête reste étendue dans l’air (position ouverte) ou vient se fermer en cinquième position.
Variantes
On distingue principalement la double cabriole devant et la double cabriole derrière. La version derrière est souvent considérée comme la plus impressionnante et la plus difficile, car elle nécessite une cambrure du dos importante et une force considérable dans les muscles spinaux et fessiers pour maintenir les jambes à une hauteur suffisante, idéalement au-dessus de 90 degrés.
Il existe également des variations dans la terminaison du pas : la cabriole peut être « ouverte », si la jambe de tête reste en l’air à la fin du saut (en arabesque ou en attitude), ou « fermée », si elle rejoint la jambe de terre en cinquième position au moment de l’atterrissage.
En pratique
Ce pas exige une puissance explosive et une coordination parfaite entre le haut et le bas du corps. Une erreur courante consiste à sacrifier la hauteur du saut pour tenter de réaliser les deux battements trop rapidement, ce qui entraîne une chute prématurée ou un manque de netteté. Il est essentiel que le premier battement se produise exactement au sommet de l’élévation.
Le travail des bras est également crucial : ils doivent aider à la montée et à la suspension. Une tenue de dos rigoureuse est indispensable pour éviter que le buste ne s’effondre lors de l’impact des jambes. En raison de sa difficulté technique et de l’impact sur les articulations, la double cabriole n’est enseignée qu’aux élèves de niveau avancé et aux professionnels.
Étymologie et Histoire
Le terme « cabriole » tire son origine de l’italien capriola, qui signifie « saut de chèvre ». Ce nom évoque la légèreté et la vivacité de l’animal. Historiquement, la cabriole fait partie du vocabulaire de la danse baroque avant d’être codifiée et complexifiée au XIXe siècle avec l’évolution de la technique masculine. La double cabriole est devenue un passage obligé pour les rôles de solistes dans les ballets du répertoire classique, tels que Basilio dans Don Quichotte, Ali dans Le Corsaire ou le rôle-titre dans Spartacus.
On dit aussi : Cabriole double
Double cabriole en anglais : Double cabriole