Victoire Saulnier, connue à la scène sous le nom de Mlle Victoire Saulnier, est une danseuse de ballet française née à Paris vers 1770. Formée à l'école du style noble, elle s'impose comme l'une des figures marquantes de l'Opéra de Paris durant la période révolutionnaire et l'Empire, avant de se retirer de la scène au début des années 1820.
Biographie
1770. Victoire Saulnier naît à Paris dans un environnement qui favorise l’expression artistique. Sa sœur, Marie-Jeanne Saulnier, dite Mimi, embrassera elle aussi une carrière de danseuse à l’Opéra de Paris de 1796 à 1814.
1780. Elle étudie la danse sous la direction de Maximilien Gardel, alors maître des ballets de l’Académie royale de Musique. Gardel lui transmet la rigueur et la pureté du genre noble, un style caractérisé par la grâce, la dignité et des proportions harmonieuses. Elle succède dans cette discipline à la célèbre ballerine allemande Anne Heinel.
1784. Le 11 mars, alors qu’elle n’a pas encore quinze ans, elle fait ses débuts officiels à l’Opéra de Paris. Elle se fait remarquer dans un pas de l’opéra Dardanus d’Antonio Sacchini et incarne Calypso dans le ballet Télémaque. En septembre de la même année, elle danse à Versailles dans Dardanus aux côtés de Marie-Madeleine Guimard, Pierre Gardel et Auguste Vestris.
1789. Recrutée par l’imprésario Giovanni Gallini pour pallier des troubles internes au King’s Theatre de Londres, elle s’installe temporairement en Angleterre. Elle y fait sa première apparition le 17 March 1789 dans les divertissements de l’opéra Il Disertore. Sous la direction du chorégraphe Jean-Georges Noverre, elle participe à plusieurs productions londoniennes, notamment le ballet allégorique Admete le 31 mars, avant de regagner la France en mai, poussée par l’instabilité politique de la Révolution naissante.
1791. De retour à Paris, elle tient le rôle principal dans le ballet Diane et Endymion de Noverre. À cette occasion, elle introduit une innovation majeure pour l’histoire de la danse en portant une tunique légère et fluide qui dévoile les formes et libère les mouvements, rompant définitivement avec les lourds costumes traditionnels à paniers.
1794. Bien qu’elle soit temporairement remplacée dans le genre noble par la danseuse Clotilde, elle maintient sa place au sein de la troupe de l’Opéra.
1805. En octobre, elle participe à la création du ballet-pantomime L’Amour à Cythère de Louis Henry. Ce dernier salue publiquement son talent dans la préface de l’œuvre imprimée.
1806. Le 12 juin, elle interprète le rôle de Madame de Latour, la mère de Virginie, lors de la création de Paul et Virginie, un ballet-pantomime de Pierre Gardel sur une musique de Rodolphe Kreutzer. Ce rôle de pantomime marque sa transition vers des personnages plus théâtraux et expressifs.
1807. Le théoricien de la danse Jean-Georges Noverre dresse un portrait critique mais flatteur de l’artiste dans ses Lettres sur les arts imitateurs:
« Mademoiselle Victoire Saulnier est d’une figure élégante, elle est belle comme Vénus; mais les Grâces, les Ris, les Jeux et les Plaisirs ne sont pas à sa suite. Je lui conseille de les appeler et d’invoquer Terpsichore. Avec de l’application et du zèle, elle acquerra tout ce qui lui manque. »
Jean-Georges Noverre, Lettres sur les arts imitateurs, 1807
1810. Le 8 juin, elle incarne la déesse Junon dans le ballet Persée et Andromède de Pierre Gardel et Étienne-Nicolas Méhul.
1812. Elle poursuit sa carrière avec le rôle de Thétis dans Achille à Scyros de Gardel et Luigi Cherubini. En septembre de la même année, elle apparaît en tant que Nymphe de la Volupté dans l’opéra Jérusalem délivrée.
1820. Elle tient l’un de ses derniers rôles répertoriés, celui de Simonetta dans le ballet Clary, avant de se retirer définitivement de la scène. La date exacte et le lieu de son décès en France au cours du XIXe siècle demeurent inconnus.
Répertoire
- 1784: Dardanus (Antonio Sacchini), Pas de ballet
- 1784: Télémaque (Maximilien Gardel), Calypso
- 1789: Il Disertore, Pas de ballet (King’s Theatre, Londres)
- 1789: Admete (Jean-Georges Noverre), Rôle principal (King’s Theatre, Londres)
- 1791: Diane et Endymion (Jean-Georges Noverre), Diane
- 1805: L’Amour à Cythère (Louis Henry), Une nymphe
- 1806: Paul et Virginie (Pierre Gardel), Madame de Latour
- 1807: L’Inauguration du Temple de la Victoire (Pierre Gardel), Rôle de pantomime
- 1810: Persée et Andromède (Pierre Gardel), Junon
- 1811: Saül, Rôle de pantomime
- 1812: Achille à Scyros (Pierre Gardel), Thétis
- 1812: Jérusalem délivrée, Nymphe de la Volupté
- 1820: Clary (Louis Milon), Simonetta
Vie privée
Victoire Saulnier est la sœur de Marie-Jeanne Saulnier, également connue sous le nom de Mimi ou Mlle Saulnier, qui a mené une carrière de danseuse à l’Opéra de Paris entre 1796 et 1814.
FAQ
Qui était Victoire Saulnier ?
Victoire Saulnier, connue sous le nom de scène de Mlle Victoire Saulnier, était une célèbre danseuse de ballet française de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle. Elle s’est illustrée dans le genre noble à l’Opéra de Paris et a également dansé sur la scène londonienne.
Quelle innovation vestimentaire a marqué la carrière de Victoire Saulnier ?
En 1791, lors de sa performance dans le ballet Diane et Endymion de Jean-Georges Noverre, Victoire Saulnier a marqué l’histoire du costume de scène en arborant une tunique légère et semi-transparente. Ce vêtement fluide, qui remplaçait les lourds paniers traditionnels, a libéré le mouvement et redéfini l’esthétique du ballet néoclassique.
Quels ont été les principaux rôles de Victoire Saulnier ?
Elle a brillé dans des rôles de premier plan comme Calypso dans Télémaque, Madame de Latour dans Paul et Virginie, la déesse Junon dans Persée et Andromède, ou encore Thétis dans Achille à Scyros.
Fiche d'identité
- Nom : Victoire Saulnier
- Nationalité : France
- Née à Paris (France)
- Année de naissance : 1770
- Age Victoire Saulnier : 255 ou 256 ans
- Fonction : Danseuse
- Niveau atteint : Soliste
- Compagnie associée : Ballet de l'Opéra national de Paris
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