Coupé jeté en tournant
Définition
Le coupé jeté en tournant est un grand saut complexe et dynamique qui combine un changement d’appui rapide (le coupé) et un saut élancé (le jeté) effectué pendant une rotation complète du corps. Ce mouvement appartient à la famille du grand allegro et se distingue par son amplitude et sa puissance visuelle. On l’exécute généralement en série, soit en suivant une diagonale, soit en décrivant un cercle sur la scène, ce que l’on appelle un manège.
Ce pas demande une excellente coordination entre le haut et le bas du corps. Le terme « coupé » désigne l’action de substituer un pied par l’autre pour créer une impulsion immédiate, tandis que le « jeté » fait référence à la jambe lancée vigoureusement dans les airs. La mention « en tournant » indique que l’ensemble de la figure se réalise avec une rotation de l’axe du corps pendant la phase de suspension, créant un effet de tourbillon aérien.
Exécution
- La préparation : Le danseur débute souvent par une glissade, un pas couru ou un grand dégagé pour accumuler l’énergie cinétique nécessaire au déplacement.
- Le coupé : Un pied vient se placer derrière la cheville de la jambe d’appui, chassant cette dernière pour prendre sa place. Ce mouvement doit être sec et dynamique pour déclencher l’impulsion.
- L’envol : La jambe libre est lancée vers le haut dans un grand battement. Simultanément, la jambe qui vient de couper pousse le sol avec force pour projeter le corps dans les airs.
- La rotation : Une fois en l’air, le danseur effectue un demi-tour ou un tour complet. Le buste doit rester bien tenu pour que la rotation soit propre et stable.
- La réception : L’atterrissage s’effectue sur une seule jambe en fondu (genou plié) pour amortir le poids du corps, tandis que l’autre jambe est maintenue étendue derrière, souvent en position d’arabesque, prête à enchaîner le saut suivant.
En pratique
Le coupé jeté en tournant est un exercice de niveau avancé. Il nécessite une force musculaire importante dans les membres inférieurs et une sangle abdominale solide pour maintenir l’équilibre pendant la phase de vol. L’une des difficultés majeures réside dans la gestion de la trajectoire : le danseur doit non seulement viser la hauteur, mais aussi assurer un déplacement horizontal fluide.
Les professeurs insistent particulièrement sur le rôle des bras. Ces derniers doivent accompagner le mouvement en s’ouvrant pour l’appel, puis en se refermant ou en passant par une position précise pour aider à la propulsion et stabiliser le buste. Le regard, ou « spotting », est également essentiel : le danseur doit fixer un point précis à chaque tour pour ne pas perdre son orientation spatiale, surtout lors des manèges rapides.
Contexte et usage
Dans le répertoire classique, ce pas est un moment de bravoure. On le retrouve fréquemment dans les codas de grands pas de deux, où il sert à démontrer la virtuosité du soliste. Bien qu’il soit emblématique des variations masculines pour son aspect athlétique (comme dans Le Corsaire ou Don Quichotte), il est également exécuté par les danseuses, apportant une dimension de puissance et de célérité à leurs performances.
On dit aussi : Grand jeté en tournant entrelacé, jeté entrelacé
Coupé jeté en tournant en anglais : Coupé jeté en tournant