Failli
Définition
Le failli est un pas de transition vif et fluide, consistant en un saut léger qui se termine par un glissement de la jambe libre vers une position ouverte, généralement une quatrième position. Ce mouvement, dont le nom signifie littéralement « avoir failli » ou « céder », est essentiel pour donner de l’élan et de la continuité aux enchaînements. Bien qu’il puisse parfois être comparé à une petite cabriole en raison du rapprochement des cuisses dans les airs, il se distingue par sa fonction de liaison et sa réception glissée qui permet d’enchaîner immédiatement avec une autre figure.
On utilise le failli principalement pour changer de direction ou pour préparer un saut de plus grande envergure. Il apporte une qualité de mouvement organique, où le corps semble s’abandonner un instant à la gravité avant de se propulser à nouveau.
Technique
L’exécution du failli demande une coordination précise entre le saut, le passage des jambes et l’épaulement du buste. Voici les étapes détaillées pour un failli classique vers l’avant :
- Le danseur part d’une cinquième position des pieds (par exemple, pied droit devant), en demi-plié.
- Il effectue un petit saut vertical, en poussant fermement sur les deux pieds.
- Pendant la phase ascendante, le corps pivote légèrement de profil. Les deux jambes se rejoignent brièvement dans les airs, les cuisses se serrant l’une contre l’autre.
- Le danseur retombe sur une seule jambe (la jambe droite dans cet exemple) en demi-plié, tandis que l’autre jambe commence déjà son mouvement de passage.
- La jambe libre (la gauche) passe rapidement par la première position pour glisser vers l’avant, finissant en quatrième position croisée, le poids du corps se transférant vers l’avant.
- Le buste accompagne le mouvement par un épaulement précis, souvent en direction de la jambe qui glisse.
Étymologie
Le terme « failli » provient du participe passé du verbe français « faillir », qui signifie manquer, céder ou être sur le point de tomber. Dans le vocabulaire de la danse, cette appellation illustre parfaitement la sensation visuelle du pas : le danseur semble « faillir » dans sa réception de saut pour transformer cette chute potentielle en un glissement élégant et dynamique. C’est cette notion de déséquilibre contrôlé qui caractérise la fluidité de l’école française.
En pratique
Le failli est rarement exécuté comme une figure isolée ; il sert de moteur ou de « pas de préparation ». On le retrouve très fréquemment avant un grand jeté, une assemblée ou un sissonne. Il permet au danseur de gagner l’espace nécessaire et l’inertie indispensable pour les grands sauts de bravoure.
Une erreur courante chez les débutants consiste à marquer un temps d’arrêt entre la réception du saut et le glissement de la jambe. Pour réussir un beau failli, le mouvement doit être ininterrompu. Le passage par la première position doit être vif et « brossé » au sol pour assurer la propreté technique. Enfin, il est crucial de ne pas laisser le talon de la jambe arrière se soulever prématurément lors de la glissade finale afin de maintenir une ligne stable et esthétique.
Variantes
Bien que le failli soit le plus souvent exécuté vers l’avant, il existe des variantes selon les enchaînements chorégraphiques. Dans certains styles, notamment dans la méthode Vaganova, l’accent peut être mis davantage sur le battement des jambes dans l’air, ce qui rapproche techniquement le failli d’un temps de flèche ou d’une petite cabriole. On peut également le trouver exécuté « en arrière », bien que cette forme soit moins fréquente dans le répertoire classique standard.
On dit aussi : pas failli
Failli en anglais : Failli