Penché arabesque
Définition
L’arabesque penchée est une figure de danse classique consistant à incliner le buste vers l’avant à partir d’une position d’arabesque, tout en élevant la jambe arrière vers la verticale. Dans ce mouvement de bascule, le corps pivote autour de la hanche de la jambe d’appui, créant une ligne continue et harmonieuse entre la tête et la pointe du pied levé. Cette figure est l’une des plus spectaculaires du répertoire classique, car elle met en valeur la souplesse du dos, l’amplitude de l’en-dehors et la maîtrise de l’équilibre.
On l’exécute généralement en fin d’adage ou lors de moments de grande intensité dramatique. Bien que le buste descende parfois très bas, l’esthétique de la danse classique impose que le dos reste tenu et que la jambe de travail ne s’affaisse jamais ; elle doit au contraire sembler tirée vers le haut par un fil invisible, maintenant une opposition constante avec le sommet du crâne.
Technique
- Le danseur ou la danseuse commence par établir une arabesque solide, le poids du corps bien placé sur l’avant du pied de terre (que ce soit à plat, sur la demi-pointe ou sur la pointe).
- L’inclinaison commence au niveau de l’articulation de la hanche. Le buste descend vers l’avant tandis que la jambe arrière s’élève simultanément, respectant le principe de la bascule : le haut et le bas du corps bougent comme un seul bloc.
- Le dos doit rester extrêmement gainé et cambré. Il est crucial de ne pas relâcher les muscles abdominaux ni de laisser les épaules s’affaisser vers le sol, afin de protéger les vertèbres lombaires.
- Le regard suit généralement la ligne de la main de devant ou se porte légèrement vers l’avant, sans jamais casser la ligne de la nuque ni laisser tomber la tête.
- Pour revenir à la position initiale, on utilise la force des muscles dorsaux et des fessiers pour redresser le buste, tout en contrôlant la descente progressive de la jambe arrière pour retrouver l’arabesque de départ.
En pratique
L’une des erreurs les plus courantes consiste à sacrifier la tenue du dos pour gagner en amplitude. Si le dos s’arrondit (on dit que le danseur « lâche son dos »), la ligne esthétique est brisée et l’équilibre devient précaire. Un autre point de vigilance essentiel est le maintien de l’en-dehors de la jambe de terre : sous l’effet du poids porté vers l’avant, le genou de soutien a tendance à tourner vers l’intérieur, ce qui doit être corrigé par un engagement constant des muscles rotateurs.
Pour les élèves, il est fortement conseillé de pratiquer le penché d’abord à la barre. Cela permet de comprendre le mécanisme de pivotement du bassin sans la contrainte de l’équilibre pur. Au milieu, le penché demande une coordination parfaite entre la respiration et le mouvement pour éviter toute saccade qui pourrait compromettre la stabilité.
Contexte et répertoire
L’arabesque penchée est omniprésente dans les ballets romantiques et classiques du XIXe siècle. On la retrouve notamment dans l’acte II de Giselle ou dans Le Lac des Cygnes, où elle symbolise souvent la légèreté éthérée ou la détresse d’un personnage surnaturel. Dans le style néo-classique, notamment chez George Balanchine, le penché peut atteindre des angles extrêmes, la jambe de travail dépassant parfois la verticale pour créer une ligne dépassant les 180 degrés.
On dit aussi : arabesque penchée
Penché arabesque en anglais : penché arabesque