Grande pirouette à la seconde
Définition
La grande pirouette à la seconde est un tour effectué sur une jambe de terre, tandis que la jambe libre est maintenue à l’horizontale, à la seconde position (sur le côté), durant toute la rotation. Ce mouvement de virtuosité est principalement exécuté par les danseurs masculins dans les variations de solistes et les codas de grands ballets. Contrairement à la pirouette classique où le pied de la jambe de travail est placé au genou (en retiré), l’inertie générée par la jambe tendue à 90 degrés exige une force musculaire et un sens de l’équilibre considérables.
On distingue ce mouvement par son amplitude et sa puissance. Dans le jargon de la danse, on parle souvent simplement de « tours à la seconde ». Bien que la jambe soit théoriquement à 90 degrés, les danseurs de haut niveau la portent parfois légèrement plus haut, tout en veillant à ne pas déhancher pour préserver l’esthétique de la ligne.
Technique
- La préparation s’effectue généralement depuis une large quatrième position ou une seconde position en plié, avec une attention particulière portée à l’ancrage au sol.
- Le danseur effectue une impulsion vigoureuse pour monter sur la demi-pointe (ou la pointe pour les femmes dans certains contextes) de la jambe de terre.
- Simultanément, la jambe de travail est lancée à la seconde, strictement à l’horizontale, en veillant à maintenir l’en-dehors depuis la hanche.
- Le buste doit rester parfaitement vertical et les bras aident à maintenir l’équilibre, souvent en restant ouverts en seconde position ou en effectuant un léger mouvement de va-et-vient pour entretenir la rotation.
- La tête effectue le « spot » (mouvement rapide de rotation) : le regard fixe un point précis devant soi le plus longtemps possible avant de pivoter rapidement pour retrouver ce même point, ce qui évite le vertige.
- Pour terminer la série, le danseur ramène souvent la jambe en retiré pour effectuer quelques pirouettes rapides (pirouettes de fin) avant de clore en cinquième position ou en grande fente.
En pratique
Ce pas demande une coordination parfaite entre l’ouverture de la jambe et la montée sur demi-pointe. L’une des erreurs les plus courantes consiste à laisser la jambe de travail descendre sous l’horizontale à cause de la fatigue ou de la force centrifuge. Il est également crucial de maintenir l’en-dehors de la jambe de terre pour assurer la stabilité de l’axe de rotation. On l’enseigne généralement aux élèves de niveau avancé, car elle nécessite une sangle abdominale très solide et une maîtrise parfaite des tours de base.
Contexte et histoire
Dans le répertoire classique, la grande pirouette à la seconde est un moment de bravoure attendu par le public. On la retrouve systématiquement dans les grandes variations masculines et les « Grands Pas de Deux », comme celui de Basilio dans Don Quichotte, de Solor dans La Bayadère ou d’Albrecht dans Giselle. Elle symbolise souvent la puissance et la maîtrise technique du danseur étoile. Bien que traditionnellement réservée aux hommes, certaines chorégraphies contemporaines ou néoclassiques (notamment chez George Balanchine) l’intègrent désormais pour les danseuses, ajoutant une difficulté supplémentaire liée au travail sur pointes.
On dit aussi : grand tour à la seconde, pirouette à la seconde, tours à la seconde
Grande pirouette à la seconde en anglais : Large pirouette in the second position