Pointes
Définition
Les pointes sont des chaussons de danse classique dotés d’une extrémité rigide permettant au danseur ou à la danseuse de s’élever et d’évoluer sur le bout des orteils. Cette technique, emblématique du ballet romantique, vise à donner une impression de légèreté absolue, de suspension et d’immatérialité, comme si l’interprète s’affranchissait des lois de la gravité.
Le terme désigne à la fois l’accessoire physique et la technique de danse elle-même. Contrairement aux demi-pointes, qui sont souples, les pointes possèdent une structure renforcée appelée la boîte. On dit d’une danseuse qu’elle « monte sur pointes » lorsqu’elle passe de la position à plat ou sur la demi-pointe à un équilibre sur l’extrémité du chausson.
Anatomie du chausson
La fabrication d’une paire de pointes est un processus complexe qui mêle artisanat et matériaux spécifiques. On distingue plusieurs parties essentielles :
- La boîte : il s’agit de la partie avant du chausson qui enveloppe les orteils. Elle est traditionnellement composée de couches de toile et de papier superposées et durcies par une colle spéciale (souvent à base de gomme-laque), créant une structure rigide similaire à du carton-pâte ou du plâtre.
- La plateforme : c’est l’extrémité plate située au bout de la boîte. C’est sur cette surface réduite que le poids du corps repose en équilibre.
- Le cambrion (ou semelle intérieure) : une tige de rigidité variable située sous la voûte plantaire qui soutient le pied et aide la danseuse à maintenir sa position verticale.
- L’empeigne : la partie supérieure du chausson qui recouvre le dessus des orteils. Sa hauteur varie selon la morphologie du pied.
- Les rubans et élastiques : ils sont cousus par le danseur lui-même pour assurer le maintien parfait de la cheville et empêcher le chausson de déchausser.
Technique
L’exécution du travail sur pointes nécessite une force musculaire importante et une coordination précise. On distingue principalement deux manières de monter sur pointes :
- Le relevé : le passage se fait de manière fluide en passant par la demi-pointe avant d’atteindre la plateforme. Cela demande une grande force dans les métatarses.
- Le piqué ou le sauté : le danseur monte directement sur la plateforme par un petit saut ou un transfert de poids direct, sans passer par la phase intermédiaire de la demi-pointe.
En pratique
Le travail des pointes est une étape majeure dans l’apprentissage de la danse classique, mais il présente des risques s’il est abordé trop tôt. En règle générale, on ne commence pas les pointes avant l’âge de 11 ou 12 ans. Ce choix dépend de plusieurs facteurs :
- La consolidation de l’ossature du pied (croissance suffisante).
- La force de la sangle abdominale et du dos pour assurer un bon maintien.
- La puissance musculaire des chevilles et des mollets.
- Une technique de base solide acquise durant plusieurs années de cours réguliers.
Une erreur courante consiste à vouloir monter sur pointes sans « tirer » son corps vers le haut, ce qui provoque un écrasement des orteils dans la boîte et peut causer des blessures (ongles incarnés, ampoules, inflammations).
Histoire
L’usage des pointes s’est généralisé au XIXe siècle. Marie Taglioni est souvent citée comme la première grande ballerine à avoir dansé l’intégralité d’un ballet sur pointes dans La Sylphide en 1832. À cette époque, les chaussons n’étaient que des pantoufles de satin souples, simplement renforcées par des coutures. Ce n’est qu’à la fin du XIXe siècle, sous l’influence de l’école italienne, que les boîtes sont devenues réellement rigides, permettant des prouesses techniques comme les séries de fouettés ou les équilibres prolongés.
On dit aussi : chaussons de pointes
Pointes en anglais : pointe shoes, on the points