John Cranko, né le 15 août 1927 à Rustenburg, en Afrique du Sud, et décédé le 26 juin 1973 à Dublin, est un danseur, chorégraphe et directeur de ballet sud-africain. Reconnu comme l'un des chorégraphes majeurs du XXe siècle, il a transformé le Ballet de Stuttgart en une compagnie de renommée mondiale, un exploit souvent qualifié de « miracle de la danse de Stuttgart ».
Biographie
1927 : John Cyril Cranko naît le 15 août à Rustenburg, en Afrique du Sud.
1944 : Il commence sa formation professionnelle à la Ballet School of the University of Cape Town, où il réalise ses premières expérimentations chorégraphiques, notamment The Soldier’s Tale sur une musique d’Igor Stravinsky.
1946 : Cranko s’installe à Londres et intègre la Sadler’s Wells School pour une année de perfectionnement.
1947 : En novembre, il rejoint le Ballet du Sadler’s Wells Theatre en tant que danseur. Il y crée rapidement sa première chorégraphie remarquée, Children’s Corner, sur une musique de Debussy. Entre 1947 et 1957, il signe plusieurs œuvres pour cette compagnie, qui deviendra le Royal Ballet en 1957, dont Beauty and the Beast (1949), Pineapple Poll (1951), Harlequin in April et Der Pagodenprinz.
1949 : Il se consacre exclusivement à la chorégraphie à partir de cette année.
1955 : Il chorégraphie La Belle Hélène pour le Ballet de l’Opéra de Paris, avec Claude Bessy comme interprète.
1957 : Cranko crée son premier ballet en trois actes, The Prince of the Pagodas, pour le Royal Ballet, sur une musique commandée à Benjamin Britten. Cette œuvre attire l’attention d’autres compagnies, dont les Théâtres d’État du Wurtemberg à Stuttgart.
1960 : Après un scandale lié à son arrestation pour homosexualité (alors illégale au Royaume-Uni), Cranko se retrouve fragilisé dans le milieu londonien. Il est invité à Stuttgart pour la première allemande de The Prince of the Pagodas.
1961 : Le 16 janvier, John Cranko est nommé directeur artistique du Ballet de Stuttgart par Walter Erich Schäfer, le directeur général des Théâtres d’État du Wurtemberg. Il y trouve une liberté artistique décisive, loin de la pression morale britannique. Il s’entoure rapidement de danseurs exceptionnels comme Marcia Haydée (qui deviendra sa muse principale), Egon Madsen, Richard Cragun et Birgit Keil. Il commence à restructurer la compagnie, à développer un répertoire ambitieux et à améliorer les conditions de travail de ses danseurs, en les émancipant des productions d’opéra et en ajustant leurs salaires.
1962 : Le Ballet de Stuttgart connaît un succès retentissant avec la première mondiale de Roméo et Juliette de Prokofiev en décembre. Cette œuvre marque le début de l’ère Cranko et propulse la compagnie sur la scène internationale. Cranko démontre son talent pour raconter des histoires complexes avec nuance et cohérence, purement par le mouvement. Il crée également Daphnis et Chloé.
1965 : Il chorégraphie Onéguine, une adaptation du roman en vers de Pouchkine, sur une musique de Tchaïkovski arrangée par Kurt-Heinz Stolze. Ce ballet devient l’un de ses chefs-d’œuvre narratifs et un pilier du répertoire mondial. Il crée aussi Jeu de cartes et Opus 1.
1966 : Cranko chorégraphie Concerts brandebourgeois n°s 2 et 4 et Concerto pour flûte et harpe (de Mozart).
1967 : Il révise Onéguine et crée Die Befragung (l’Interrogatoire).
1968 : Il chorégraphie Présence.
1968–1970 : John Cranko dirige également la compagnie de ballet de l’Opéra d’État de Bavière, pour laquelle il crée plusieurs ballets dont Begegnung in drei Farben, Gesang der Nachtigall, Triplum, Französische Suite, Une Fete Galante, Orpheus et Ebony Concerto.
1969 : Le Ballet de Stuttgart effectue une tournée triomphale aux États-Unis, se produisant au Metropolitan Opera de New York. La critique salue unanimement ses qualités de chorégraphe, notamment son art du pas de deux. Le critique Clive Barnes proclame le « miracle du Ballet de Stuttgart ». Cranko crée également La Mégère apprivoisée, une comédie basée sur Shakespeare, démontrant sa maîtrise des genres tragique et comique.
1971 : John Cranko fonde l’École de danse associée au Ballet de Stuttgart, la première école de danse en Allemagne à délivrer une qualification professionnelle officiellement reconnue. Cette école sera renommée « École John Cranko » en 1974.
1972 : Il crée Brouillards et Initials R.B.M.E., un ballet dédié à ses danseurs vedettes Richard Cragun, Birgit Keil, Marcia Haydée et Egon Madsen, qu’il considérait comme sa famille artistique.
1973 : Cranko crée sa dernière œuvre, Spuren (Traces), quelques mois avant sa disparition. Ce ballet, politique et émouvant, aborde les thèmes de la dictature, de la fuite et des nouveaux départs. Le 26 juin, John Cranko décède subitement à l’âge de 45 ans, à Dublin, lors d’un vol de retour d’une tournée américaine. Sa mort est due à un choc anaphylactique sévère provoqué par des somnifères. Son héritage perdure, et l’esprit de troupe qu’il a insufflé à Stuttgart continue d’animer la compagnie.
2025 : En février et mars, le Ballet de l’Opéra de Paris reprend le chef-d’œuvre Onéguine de John Cranko au Palais Garnier, après plusieurs années d’absence. Les représentations mettent en lumière la richesse dramatique de l’œuvre et la capacité des danseurs à s’emparer des personnages. La critique souligne l’alchimie entre les solistes et la profondeur des interprétations, notamment celles d’Amandine Albisson et Jérémy-Loup Quer dans les rôles principaux, et la performance de Bianca Scudamore en Olga. Sae Eun Park et Germain Louvet offrent également une lecture sensible et nuancée du ballet. L’œuvre est toujours considérée comme un pilier du répertoire classique, 60 ans après sa création.
2026 : L’École John Cranko continue de former de jeunes talents. En avril, des étudiants de l’école se produisent à New York lors des galas du Youth America Grand Prix (YAGP). Elisa Carrillo Cabrera a pris la direction de l’école le 1er janvier 2026, avec Mikhail Kaniskin comme directeur adjoint, succédant à Tadeusz Matacz qui a dirigé l’établissement pendant 27 ans.
Répertoire
Ballets narratifs en trois actes
- The Prince of the Pagodas (1957)
- Roméo et Juliette (1962)
- Onéguine (1965, révisé en 1967)
- La Mégère apprivoisée (1969)
Ballets en un acte et autres chorégraphies
- The Soldier’s Tale (1944)
- Children’s Corner (1947)
- Beauty and the Beast (1949)
- Tritsch Tratsch (1949)
- Harlequin in April (1951)
- Pineapple Poll (1951)
- The Lady and the Fool (1954)
- La Belle Hélène (1955)
- Der Pagodenprinz (1957)
- Daphnis et Chloé (1962)
- L’Estro Armonico (1963)
- Jeu de cartes (1965)
- Opus 1 (1965)
- Concerto pour flûte et harpe (1966)
- The Inquiry (1967)
- Présence (1968)
- Poème de l’Extase (1970)
- Brouillards (1972)
- Initials R.B.M.E. (1972)
- Le Lac des cygnes (1972, version de Cranko)
- Spuren (Traces) (1973)
Autres activités
John Cranko a été un fervent défenseur de la formation et de l’autonomie du ballet. Il a fondé l’École John Cranko en 1971, première école de danse professionnelle en Allemagne, et a œuvré pour que le ballet soit reconnu comme une forme d’art à part entière, avec ses propres budgets et ses propres scènes, plutôt que comme un simple appendice de l’opéra. Il a également encouragé de jeunes danseurs de sa compagnie à se lancer dans la chorégraphie, révélant ainsi des talents comme Jiří Kylián, John Neumeier et William Forsythe.
Vie privée
John Cranko était connu pour considérer sa compagnie comme une famille, appelant affectueusement ses danseurs « les enfants ». Il entretenait des relations profondes avec ses interprètes, notamment Marcia Haydée, sa muse principale, et les danseurs Richard Cragun, Birgit Keil et Egon Madsen, à qui il a dédié son ballet Initials R.B.M.E.
FAQ
Qui était John Cranko ?
John Cranko était un danseur, chorégraphe et directeur de ballet sud-africain, célèbre pour avoir transformé le Ballet de Stuttgart en une compagnie de renommée mondiale. Il est reconnu pour ses ballets narratifs, son sens aigu de la théâtralité et sa capacité à développer les talents de ses danseurs.
Quels sont les ballets les plus célèbres de John Cranko ?
Parmi les ballets les plus célèbres de John Cranko figurent ses grandes œuvres narratives comme ‘Roméo et Juliette’, ‘Onéguine’ et ‘La Mégère apprivoisée’. Ces ballets sont aujourd’hui considérés comme des classiques du répertoire et sont interprétés par les plus grandes compagnies mondiales.
Quel a été l’impact de John Cranko sur le Ballet de Stuttgart ?
John Cranko a dirigé le Ballet de Stuttgart de 1961 à sa mort en 1973, le hissant au rang des meilleures compagnies mondiales. Il a développé un répertoire riche, fondé une école de danse professionnelle (l’École John Cranko) et a encouragé l’émergence de chorégraphes majeurs comme Jiří Kylián, John Neumeier et William Forsythe.
Comment John Cranko est-il décédé ?
John Cranko est décédé subitement le 26 juin 1973, à l’âge de 45 ans, à bord d’un vol de retour d’une tournée américaine. Sa mort a été causée par un choc anaphylactique sévère, provoqué par des somnifères.
Qu’est-ce que l’École John Cranko ?
L’École John Cranko est l’école de danse associée au Ballet de Stuttgart, fondée par John Cranko en 1971. C’est la première école de danse en Allemagne à délivrer une qualification officiellement reconnue, et elle est réputée pour sa formation de haut niveau, notamment en technique Vaganova.
Fiche d'identité
- Nom : John Cranko
- Nationalité : Sud-Africaine
- Né à Rustenburg (Afrique du Sud)
- Date de naissance : 15 août 1927
- Date de décès : 26 juin 1973
- Fonctions : Danseur, Chorégraphe, Directeur de la danse
- Compagnie associée : The Royal Ballet
- Réseaux sociaux :
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