Grande sissonne ouverte
Définition
La grande sissonne ouverte est un saut de grande amplitude qui s’exécute en partant de deux pieds pour retomber sur un seul, tandis que l’autre jambe reste ouverte dans les airs. Contrairement à la sissonne fermée, où la jambe de travail rejoint immédiatement la jambe de terre en cinquième position lors de la réception, la version « ouverte » exige que la jambe libre soit maintenue à une hauteur minimale de 90 degrés (à hauteur de hanche) ou plus, créant une ligne suspendue et esthétique.
Ce pas appartient à la famille des grands sauts et se distingue par son caractère vigoureux et aérien. On l’utilise fréquemment dans les grands allegros pour démontrer la puissance d’élévation du danseur ainsi que sa capacité à stabiliser une position précise en plein vol et lors de l’atterrissage.
Technique
- Le danseur commence en cinquième position, les pieds bien en-dehors, et effectue un demi-plié profond et dynamique pour accumuler l’énergie nécessaire à l’impulsion.
- Il se propulse verticalement ou avec un léger déplacement (selon la direction souhaitée) en poussant fermement sur ses deux talons pour quitter le sol.
- Pendant la phase d’ascension, les deux jambes s’ouvrent simultanément dans un mouvement de cisaillement. Les pointes de pieds doivent être parfaitement tendues dès le départ du sol.
- Au sommet du saut, le danseur doit atteindre une extension maximale, les jambes formant un angle de 90 degrés ou plus, tout en maintenant le buste droit et stable.
- La réception s’effectue sur une seule jambe (la jambe de terre) en demi-plié pour amortir le choc, tandis que la jambe de travail reste maintenue en l’air, immobile et tendue dans la direction choisie.
- Le danseur termine généralement le mouvement par un assemblage ou une transition fluide vers le pas suivant.
Variantes
La grande sissonne ouverte peut être exécutée dans plusieurs directions, modifiant ainsi l’esthétique de la figure :
- En avant : La jambe de travail s’ouvre devant le corps, souvent accompagnée d’un bras en opposition.
- En arrière : La jambe s’ouvre derrière, le plus souvent en position d’arabesque, ce qui constitue l’une des formes les plus spectaculaires de ce saut.
- De côté (à la seconde) : Le saut s’effectue latéralement, les jambes s’ouvrant de chaque côté du buste.
- En tournant : Plus complexe, elle peut être réalisée avec une rotation du corps durant la phase de suspension.
En pratique
Pour réussir une grande sissonne ouverte, il est crucial de posséder une excellente force abdominale et dorsale. Le maintien du haut du corps est ce qui permet de donner cette impression de « suspension » au sommet du saut. Une erreur courante chez les débutants consiste à laisser la jambe de l’air retomber trop rapidement sous l’effet de la gravité ou à relâcher le dos lors de la réception.
Les professeurs insistent souvent sur la coordination des bras : ceux-ci doivent accompagner le mouvement des jambes (souvent en passant par la première position pour s’ouvrir en troisième ou en couronne) afin d’équilibrer le poids du corps et d’allonger la silhouette.
Étymologie
Le terme « sissonne » tirerait son origine du Comte de Sissonne, un noble de la cour de France du XVIIe siècle qui aurait inventé ou popularisé ce type de saut. Bien que le pas ait évolué au fil des siècles et des méthodes (française, Vaganova ou Cecchetti), le nom est resté immuable dans le vocabulaire international de la danse classique.
On dit aussi : Sissonne ouverte
Grande sissonne ouverte en anglais : Big open sissonne