Danse Classique .info
  • Ecoles
  • Cours en ligne
  • Stages
  • Personnes
  • Concours
  • Marques
  • Compagnies

Accueil » Personne » Compositeur » Gabriel Fauré

Gabriel Fauré

CompositeurDirecteur d'écoleProfesseur

Fiche mise à jour le 31 mai 2026

Gabriel Fauré est un compositeur, organiste, pianiste et pédagogue français, né le 12 mai 1845 à Pamiers (Ariège) et mort le 4 novembre 1924 à Paris. Formé à l'École Niedermeyer auprès de Camille Saint-Saëns, il mène une double carrière d'organiste d'église et de créateur avant de devenir professeur de composition puis directeur du Conservatoire de Paris de 1905 à 1920. Considéré comme l'un des plus grands maîtres de la mélodie française et de la musique de chambre, son langage harmonique subtil et novateur a profondément marqué la transition entre le romantisme tardif et la modernité du XXe siècle.

Biographie

Jeunesse et formation (1845–1865)

Gabriel Urbain Fauré naît en 1845 dans l’Ariège. Issu d’une famille dont les origines locales remontent au XIIIe siècle, il est le benjamin de six enfants. Son père, Toussaint-Honoré Fauré, est instituteur puis devient directeur de l’école normale d’instituteurs de Foix à Montgauzy en 1849. C’est dans la petite chapelle de cette école que le jeune Gabriel s’initie seul à la musique sur un harmonium. Plus tard, il se souviendra de cette période avec émotion :

« Chaque fois que je pouvais m’échapper, je courais là – et je me régalais… Je jouais atrocement… sans aucune méthode, tout à fait sans technique, mais je me souviens que j’étais heureux ; et si c’est cela que d’avoir une vocation, alors c’est une chose très agréable. »

Gabriel Fauré, dans sa dernière année de vie

En 1853, Simon-Lucien Dufaur de Saubiac, membre de l’Assemblée nationale, remarque ses dispositions exceptionnelles et conseille à son père de l’envoyer à l’École Niedermeyer à Paris, une institution de musique classique et religieuse formant des organistes et chefs de chœur. Grâce à une bourse d’études, le jeune garçon de neuf ans y entre en octobre 1854. Il y passe onze années sous un régime interne austère. Il y étudie le piano, l’orgue, l’harmonie et la composition. À la mort du fondateur Louis Niedermeyer en 1861, Camille Saint-Saëns reprend la classe de piano et ouvre ses élèves aux esthétiques contemporaines de Robert Schumann, Franz Liszt et Richard Wagner. Une amitié filiale et indéfectible naît alors entre Saint-Saëns et Fauré, qui s’achèvera seulement à la mort de l’aîné en 1921. Fauré quitte l’école en juillet 1865, couronné d’un premier prix de composition pour son Cantique de Jean Racine (op. 11).

Les débuts professionnels et l’épreuve de la guerre (1866–1877)

En 1866, il est nommé organiste à l’église Saint-Sauveur de Rennes. Il y passe quatre ans à donner de nombreuses leçons de piano pour subsister, s’y ennuyant profondément. En 1870, après avoir été invité à démissionner pour s’être présenté à l’office du dimanche encore vêtu de ses habits de bal de la veille, il rentre à Paris grâce à l’appui de Saint-Saëns et devient assistant à Notre-Dame de Clignancourt.

En 1870, lors de la guerre franco-prussienne, il s’engage volontairement dans l’armée et participe aux combats pour lever le siège de Paris, ce qui lui vaudra la Croix de guerre. Durant la Commune de Paris en 1871, il se réfugie en Suisse où l’École Niedermeyer s’est temporairement délocalisée, y rencontrant le jeune André Messager qui devient son élève et ami. De retour à Paris en octobre 1871, il est nommé maître de chapelle à l’église Saint-Sulpice sous la direction de Charles-Marie Widor. Il participe activement aux salons de Saint-Saëns et de la cantatrice Pauline Viardot, et cofonde la Société nationale de musique en février 1871 pour promouvoir la création instrumentale française.

Amours, spleen et maturité artistique (1877–1905)

En 1877, après s’être fiancé à Marianne Viardot, la fille de Pauline, cette dernière rompt subitement l’engagement à l’automne. Fauré sombre dans une profonde dépression qu’il qualifie de « spleen », un état mélancolique qui imprègne son Élégie pour violoncelle et piano (op. 24) composée en 1880. Il voyage à Weimar où il rencontre Franz Liszt, puis à Cologne pour écouter Wagner, dont il admire le génie sans pour autant calquer son propre style sur le sien.

En 1883, il épouse Marie Frémiet, fille du sculpteur Emmanuel Frémiet. Le couple, de caractères opposés, aura deux fils mais vivra souvent séparé. Pour subvenir aux besoins de son foyer, Fauré cumule ses fonctions à l’église de la Madeleine (où il devient maître de chapelle puis organiste titulaire en 1896) avec d’épuisantes leçons privées à travers Paris. Il ne compose que durant ses vacances d’été à la campagne. En 1885, il reçoit le prix Chartier de l’Académie des beaux-arts pour sa musique de chambre.

En 1886, il rencontre la comtesse Greffulhe qui lui apporte un soutien financier et social déterminant, favorisant la diffusion de ses œuvres, dont la célèbre Pavane (op. 50) qu’il lui dédie. Dans les années 1890, il entame une liaison avec Emma Bardac (future épouse de Claude Debussy), qui lui inspire la suite Dolly et le cycle de mélodies La Bonne Chanson. En 1896, il succède à Jules Massenet comme professeur de composition au Conservatoire de Paris, comptant parmi ses élèves Maurice Ravel, Georges Enesco et Nadia Boulanger.

La direction du Conservatoire et la surdité (1905–1924)

En 1905, il est nommé directeur du Conservatoire de Paris. Il y mène des réformes structurelles d’envergure, modernisant l’enseignement et rétablissant une discipline stricte, ce qui lui vaut le surnom de « Robespierre » par ses détracteurs. Parallèlement, il écrit des critiques musicales pour Le Figaro de 1903 à 1921.

Dès 1903, Fauré est confronté aux premiers signes d’une surdité progressive et déformante : il perçoit les sons graves mais perd l’audition des aigus, un handicap qui s’accentue avec l’âge mais n’interrompt pas son travail créateur. Élu à l’Institut de France en 1909, il continue de composer des œuvres de plus en plus épurées, presque immatérielles, correspondant à sa « troisième manière ».

En 1920, affaibli par l’âge et la maladie, il prend sa retraite du Conservatoire et reçoit la grand-croix de la Légion d’honneur. Il s’éteint d’une pneumonie à Paris le 4 novembre 1924. Des funérailles nationales sont célébrées à l’église de la Madeleine le 8 novembre, avant son inhumation au cimetière de Passy.

Répertoire et influence en danse classique

Bien que Gabriel Fauré ait principalement composé pour le salon, le concert ou le théâtre lyrique, la fluidité, l’élégance et la nostalgie de sa musique ont inspiré plusieurs chorégraphes majeurs du XXe siècle :

  • George Balanchine :
    • Joyaux (1967) : La première partie de ce triptyque historique, intitulée « Émeraudes », est réglée sur des extraits des musiques de scène de Fauré pour Pelléas et Mélisande (op. 80) et Shylock (op. 57). Elle rend un hommage poétique à l’école romantique française.
    • Ballade (1980) : Un pas de deux intimiste et fluide réglé sur la Ballade en fa dièse majeur (op. 19) pour piano et orchestre.
  • Roland Petit :
    • Proust ou les intermittences du cœur (1974) : Le chorégraphe utilise la Ballade (op. 19) pour le tableau III (« Les aubépines ») et l’Élégie (op. 24) pour le tableau XII (« Morel et Saint-Loup ou le combat des anges »).
  • Kenneth MacMillan :
    • Requiem (1976) : Créé pour le Ballet de Stuttgart en hommage au chorégraphe John Cranko, ce ballet utilise l’intégralité du célèbre Requiem (op. 48) de Fauré.
  • Kader Belarbi :
    • Entre d’eux : Un pas de deux contemporain réglé sur des compositions de Fauré, régulièrement repris lors de galas d’étoiles.

Prix, distinctions et récompenses

  • 1885 : Lauréat du prix Chartier de l’Académie des beaux-arts (pour sa production de musique de chambre)
  • 1909 : Élu membre de l’Académie des beaux-arts (Institut de France)
  • 1920 : Grand-croix de la Légion d’honneur

Vie privée

Gabriel Fauré est le fils de Toussaint-Honoré Fauré (1810–1885) et de Marie-Antoinette-Hélène Lalène-Laprade (1809–1887). En 1883, il épouse Marie Frémiet (1856–1926), fille du célèbre sculpteur Emmanuel Frémiet. De cette union naissent deux fils : Emmanuel Fauré-Frémiet (1883–1971), qui deviendra un biologiste de renom, et Philippe Fauré-Frémiet (1889–1954), homme de lettres et biographe de son père.

FAQ

Quelle est l’œuvre la plus célèbre de Gabriel Fauré ?

Le Requiem (op. 48) et le Cantique de Jean Racine (op. 11) figurent parmi ses chefs-d’œuvre les plus célèbres et joués à travers le monde. Sa Pavane (op. 50) et sa mélodie Après un rêve sont également d’immenses succès populaires.

Quels grands ballets utilisent la musique de Gabriel Fauré ?

Le chorégraphe George Balanchine a utilisé Pelléas et Mélisande et Shylock pour la partie ‘Émeraudes’ de son célèbre ballet triptyque Joyaux (1967), ainsi que sa Ballade en fa dièse majeur pour le ballet Ballade (1980). Roland Petit a également intégré l’Élégie et la Ballade dans Proust ou les intermittences du cœur (1974), tandis que Kenneth MacMillan a chorégraphié son Requiem en 1976.

Quel a été le rôle de Gabriel Fauré au Conservatoire de Paris ?

Gabriel Fauré a d’abord succédé à Jules Massenet comme professeur de composition en 1896, formant des élèves illustres tels que Maurice Ravel et Georges Enesco. Il a ensuite dirigé le Conservatoire de Paris de 1905 à 1920, y menant des réformes modernisatrices et disciplinaires d’envergure.

Fiche d'identité

  • Nom : Gabriel Fauré
  • Nationalité : Française
  • Né à Pamiers (France)
  • Date de naissance : 12 mai 1845
  • Date de décès : 04 novembre 1924
  • Fonctions : Compositeur, Directeur d'école, Professeur
  • Distinctions obtenues : Membre de l'Académie des Beaux Arts française, Officier de la Légion d'honneur

💡 Nous avons consacré un dossier documentaire : la danse classique à travers le temps, pour une immersion dans son histoire fascinante..

Meilleurs danseurs classiques
Le rêve : danseuse étoile !
Danse par Internet

Pour progresser en danse classique, suivez un cours particulier via Zoom, ou un cours professionnel en VOD, ou des exercices gratuits sur YouTube.

Notre newsletter :

Inscription ici...
Lexique de danse classique - Prochains spectacles de danse
Mentions légales et Politique de confidentialité - Nous contacter