Louis-Joseph-Ferdinand Hérold est un compositeur français né le 28 janvier 1791 à Paris et mort le 19 janvier 1833 à Neuilly-sur-Seine. Formé au Conservatoire de Paris auprès de maîtres illustres et lauréat du prestigieux prix de Rome en 1812, il s'est imposé comme l'une des figures majeures de la musique romantique française du début du XIXe siècle. Il est particulièrement célèbre pour ses opéras-comiques d'envergure et ses partitions de ballets pour l'Opéra de Paris, au premier rang desquels figure le chef-d'œuvre pastoral La Fille mal gardée.
Biographie
1791 – 1805 : Une enfance bercée par la musique
Ferdinand Hérold naît à Paris le 28 janvier 1791. Fils unique de François-Joseph Hérold, pianiste et compositeur d’origine alsacienne, et de Jeanne-Gabrielle Pascal, il grandit dans un environnement hautement musical. Dès l’âge de six ans, il entre au pensionnat Hix et commence parallèlement l’étude de la théorie musicale sous la direction de François-Joseph Fétis. Bien que son père s’oppose initialement à ce qu’il embrasse une carrière artistique, sa disparition prématurée en 1802 lève cet obstacle. Encouragé par le compositeur André Grétry, le jeune Ferdinand décide de se consacrer pleinement à sa vocation.
1806 – 1812 : Les années de formation et le prix de Rome
En 1806, il intègre le Conservatoire de Paris. Il y bénéficie d’un enseignement d’élite : son parrain Louis Adam (père du compositeur Adolphe Adam) lui enseigne le piano, Charles-Simon Catel l’harmonie, Rodolphe Kreutzer le violon et Étienne-Nicolas Méhul la composition. Brillant élève, il remporte en 1810 le premier prix de piano en interprétant une sonate de sa propre composition, un exploit inédit dans l’histoire de l’institution. En août 1812, sa cantate Mademoiselle de la Vallière lui vaut de décrocher le premier grand prix de Rome de composition musicale.
1813 – 1815 : L’Italie et la fuite vers Vienne
Arrivé à la Villa Médicis à Rome à la fin de l’année 1812, il y compose sa première symphonie au printemps 1813. Souffrant du climat romain, il s’installe à Naples en 1815. Il y est engagé par Joachim Murat pour enseigner le piano à ses filles et parvient à faire représenter avec succès son premier opéra, La gioventù di Enrico Quinto, sous le pseudonyme de Landriani. Les bouleversements politiques liés à la chute de Murat l’obligent à fuir précipitamment l’Italie. Il traverse les Alpes à pied dans des conditions rocambolesques pour rejoindre Vienne, où le prince Metternich lui octroie des subsides durant quelques mois, lui permettant de fréquenter assidûment les théâtres autrichiens avant son retour en France.
1816 – 1826 : Premiers succès et désillusions à Paris
De retour à Paris, il obtient un poste de claveciniste et d’accompagnateur au Théâtre-Italien. En 1816, sa collaboration avec François-Adrien Boieldieu pour l’opéra de circonstance Charles de France le révèle au public parisien. Il enchaîne immédiatement avec le triomphe des Rosières (1817) et de La Clochette (1817). Cependant, une série d’échecs successifs dus à des livrets médiocres (Le Premier venu, Les Troqueurs) le décourage temporairement. Il retrouve l’inspiration au début des années 1820 en voyageant en Italie pour recruter des chanteurs. En 1826, il est nommé maître des chœurs au Théâtre-Italien.
1827 – 1830 : L’entrée à l’Opéra et l’âge d’or du ballet
En 1827, Hérold est nommé chef de chant adjoint à l’Académie royale de Musique (Opéra de Paris). Cette nomination marque le début d’une collaboration fructueuse avec le maître de ballet Jean-Pierre Aumer. Il compose coup sur coup les partitions de grands ballets-pantomimes : Astolphe et Joconde (1827), La Somnambule (1827) et La Belle au bois dormant (1829). Le 15 novembre 1827, il épouse Adélaïde-Élise Rollet, qui lui donnera trois enfants, dont Ferdinand, futur préfet de la Seine.
En 1828, à la demande d’Aumer, il livre sa partition la plus célèbre dans le domaine de la danse : La Fille mal gardée. Pour ce ballet comique initialement créé par Jean Dauberval en 1789, Hérold élabore une partition d’une grande efficacité dramatique, mêlant ses propres compositions à des arrangements habiles d’airs populaires et d’extraits d’opéras de Rossini ou de Martini. Cette même année, il est fait Chevalier de la Légion d’honneur.
1831 – 1833 : Triomphes lyriques et fin prématurée
Le 3 mai 1831, Hérold présente Zampa ou la Fiancée de marbre, un opéra-comique sombre et fantastique qui remporte un triomphe retentissant en France et en Allemagne. En 1832, il donne son chef-d’œuvre absolu, Le Pré aux clercs, inspiré de l’univers de Prosper Mérimée. L’œuvre s’impose immédiatement comme le modèle du genre et connaîtra une postérité exceptionnelle. Miné depuis des années par la tuberculose, Ferdinand Hérold s’éteint le 19 janvier 1833 à Neuilly-sur-Seine, un mois seulement après la première du Pré aux clercs. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris. Son opéra inachevé, Ludovic, sera complété par son ami Jacques-Fromental Halévy.
Répertoire (Ballets principaux)
- Astolphe et Joconde (1827) — Chorégraphie de Jean-Pierre Aumer
- La Somnambule (1827) — Chorégraphie de Jean-Pierre Aumer
- La Fille mal gardée (1828) — Chorégraphie de Jean-Pierre Aumer (reprise ultérieurement par Frederick Ashton en 1960 sur un arrangement de John Lanchbery)
- La Belle au bois dormant (1829) — Chorégraphie de Jean-Pierre Aumer
- La Noce de village (1830) — Chorégraphie de Jean-Pierre Aumer
Prix, distinctions et récompenses
- 1810 : Premier prix de piano du Conservatoire de Paris
- 1812 : Premier grand prix de Rome en composition musicale
- 1828 : Chevalier de la Légion d’honneur
Vie privée
Ferdinand Hérold est issu d’une lignée d’artistes et d’intellectuels. Son père, François-Joseph Hérold (1755-1802), était un pianiste et compositeur reconnu. De son union avec Adélaïde-Élise Rollet naissent trois enfants : Ferdinand Hérold (1828–1882), qui mènera une brillante carrière politique en devenant sénateur puis préfet de la Seine, Adèle Hérold (1830–1906) et Eugène Hérold (né en 1832). Son petit-fils, André-Ferdinand Hérold (1865–1940), s’illustrera quant à lui comme écrivain, poète et traducteur de renom au sein du mouvement symboliste.
FAQ
Quel est le ballet le plus célèbre composé par Ferdinand Hérold ?
Le ballet le plus célèbre de Ferdinand Hérold est sans conteste La Fille mal gardée, créé en 1828 pour le chorégraphe Jean-Pierre Aumer à l’Opéra de Paris. Sa partition, réarrangée plus tard par John Lanchbery pour la version de Frederick Ashton, demeure un pilier du répertoire classique mondial.
Quels sont les opéras majeurs de Ferdinand Hérold ?
Ferdinand Hérold a rencontré d’immenses succès avec ses opéras-comiques, en particulier Zampa ou la Fiancée de marbre (1831) et son chef-d’œuvre absolu, Le Pré aux clercs (1832), qui a dépassé la millième représentation à l’Opéra-Comique à la fin du XIXe siècle.
Où Ferdinand Hérold a-t-il fait ses études musicales ?
Ferdinand Hérold a étudié au Conservatoire de Paris à partir de 1806. Il y a reçu l’enseignement de maîtres illustres tels que Louis Adam pour le piano, Charles-Simon Catel pour l’harmonie, Rodolphe Kreutzer pour le violon et Étienne-Nicolas Méhul pour la composition.
Fiche d'identité
- Nom : Ferdinand Hérold
- Nationalité : Française
- Né à Paris (France)
- Date de naissance : 28 janvier 1791
- Date de décès : 19 janvier 1833
- Fonction : Compositeur
- Distinction obtenue : Chevalier de la Légion d'honneur
- Compagnie associée : Ballet de l'Opéra national de Paris
💡 Notre page dédiée aux origines de la danse classique est une invitation à plonger dans l'histoire de cette forme d'expression artistique..