Frederick Ashton
Fiche mise à jour le 3 juin 2026
Sir Frederick Ashton est un danseur, chorégraphe et directeur de ballet britannique, né le 17 septembre 1904 à Guayaquil (Équateur) et mort le 18 août 1988 à Eye, dans le Suffolk (Angleterre). Formé auprès de Léonide Massine et de Marie Rambert, il est le chorégraphe fondateur du Royal Ballet de Londres, dont il a défini l'identité artistique et façonné le style classique britannique, caractérisé par la fluidité du haut du corps, la rapidité du bas de jambe et une musicalité absolue.
Biographie
Jeunesse et révélation
Frederick William Mallandaine Ashton naît en Équateur où son père, George Ashton, travaille comme directeur de la Central and South American Cable Company et vice-consul britannique. En 1907, sa famille s’installe à Lima, au Pérou. C’est dans cette ville, en 1917, que le jeune Frederick assiste à une représentation de la légendaire ballerine Anna Pavlova. Ce choc esthétique décide immédiatement de sa vocation.
Confronté à l’opposition stricte de sa famille bourgeoise face à une carrière artistique, il est envoyé en Angleterre en 1919 pour étudier au Dover College. Après le suicide de son père en 1924, il travaille un temps dans une maison d’import-export à la City de Londres, tirant profit de sa maîtrise du français et de l’espagnol, tout en prenant secrètement ses premiers cours de danse classique.
L’apprentissage et les débuts chorégraphiques
Bien qu’ayant commencé sa formation professionnelle à l’âge tardif de vingt ans, il est accepté comme élève par Léonide Massine, puis par Marie Rambert. Cette dernière décèle rapidement ses dispositions créatrices et l’encourage à s’essayer à la chorégraphie. En 1926, il signe sa première pièce, A Tragedy of Fashion, pour une revue théâtrale. C’est à cette occasion qu’il rencontre la conceptrice Sophie Fedorovitch, qui restera sa plus proche collaboratrice et conseillère artistique tout au long de sa vie.
Après un passage à Paris au sein de la compagnie d’Ida Rubinstein, où il observe le travail de Bronislava Nijinska, il retourne à Londres. En 1930, il crée Capriol Suite, un succès qui pose les bases de son style néoclassique. Il devient le chorégraphe principal du Ballet Club (futur Ballet Rambert) fondé par Marie Rambert en 1931, tout en collaborant avec la Camargo Society.
L’aventure du Royal Ballet
En 1931, sa rencontre avec Ninette de Valois débouche sur la création du ballet comique Regatta pour le Vic-Wells Ballet. En 1935, Ninette de Valois l’engage officiellement comme chorégraphe résident de la compagnie. Durant cette période, il collabore étroitement avec le directeur musical Constant Lambert et commence à créer pour de grandes interprètes telles qu’Alicia Markova et, plus tard, Margot Fonteyn, qui deviendra sa muse absolue.
Durant la Seconde Guerre mondiale, il est mobilisé dans la Royal Air Force comme officier de renseignement, analysant des photographies aériennes, tout en bénéficiant de permissions occasionnelles pour continuer à enrichir le répertoire de la compagnie, désormais installée à Sadler’s Wells.
En 1946, lors de la réouverture du Royal Opera House de Covent Garden, il présente Symphonic Variations sur la musique de César Franck, une œuvre purement abstraite considérée comme l’un de ses plus grands chefs-d’œuvre. En 1948, il crée Cinderella (Cendrillon), le tout premier ballet en trois actes entièrement conçu pour une compagnie britannique, dans lequel il interprète lui-même l’une des sœurs laides aux côtés de Robert Helpmann.
La direction et la consécration
En 1963, Frederick Ashton succède à Ninette de Valois à la direction artistique du Royal Ballet. Durant ses sept années de mandat, il enrichit considérablement le répertoire de la compagnie en y faisant entrer des œuvres de George Balanchine, de Bronislava Nijinska (Les Noces, Les Biches) et en commandant de nouvelles pièces à Kenneth MacMillan.
Il crée également des œuvres emblématiques pour le nouveau couple star de la danse internationale, Margot Fonteyn et Rudolf Noureev, notamment le tragique Marguerite et Armand en 1963.
Il quitte ses fonctions de directeur en 1970 pour se consacrer exclusivement à la création. En 1980, il signe sa dernière œuvre majeure, Rhapsody, créée à l’occasion des 80 ans de la Reine Mère Elizabeth, sur la musique de Sergueï Rachmaninov.
Il s’éteint paisiblement dans sa résidence de Chandos Lodge à Eye, dans le Suffolk, le 18 août 1988.
Répertoire
Ballets originaux et créations
- 1926 : A Tragedy of Fashion (musique d’Eugene Goossens)
- 1930 : Capriol Suite (musique de Peter Warlock)
- 1931 : La Péri (musique de Paul Dukas)
- 1931 : Façade (musique de William Walton)
- 1933 : Les Rendez-vous (musique de Constant Lambert d’après Daniel-François-Esprit Auber)
- 1935 : Le Baiser de la fée (musique d’Igor Stravinsky)
- 1936 : Apparitions (musique de Franz Liszt, orchestrée par Constant Lambert)
- 1937 : Les Patineurs (musique de Giacomo Meyerbeer, arrangée par Constant Lambert)
- 1937 : A Wedding Bouquet (musique de Lord Berners)
- 1940 : Dante Sonata (musique de Franz Liszt)
- 1943 : The Quest (musique de William Walton)
- 1946 : Symphonic Variations (musique de César Franck)
- 1948 : Cinderella (musique de Serge Prokofiev)
- 1950 : Illuminations (pour le New York City Ballet, musique de Benjamin Britten)
- 1951 : Daphnis et Chloé (musique de Maurice Ravel)
- 1952 : Sylvia (musique de Léo Delibes)
- 1953 : Hommage à la Reine (musique de Malcolm Arnold)
- 1955 : Roméo et Juliette (pour le Ballet royal danois, musique de Serge Prokofiev)
- 1956 : Birthday Offering (musique de Alexandre Glazounov)
- 1958 : Ondine (musique de Hans Werner Henze)
- 1958 : La Valse (musique de Maurice Ravel)
- 1960 : La Fille mal gardée (musique de Ferdinand Hérold, arrangée par John Lanchbery)
- 1961 : The Two Pigeons (Les Deux Pigeons, musique d’André Messager)
- 1963 : Marguerite et Armand (musique de Franz Liszt)
- 1964 : The Dream (Le Rêve, d’après Shakespeare, musique de Felix Mendelssohn)
- 1965 : Monotones II (musique d’Erik Satie)
- 1966 : Monotones I (musique d’Erik Satie)
- 1968 : Jazz Calendar (musique de Richard Rodney Bennett)
- 1968 : Enigma Variations (musique d’Edward Elgar)
- 1971 : The Tales of Beatrix Potter (ballet filmé, musique de John Lanchbery)
- 1976 : A Month in the Country (musique de Frédéric Chopin, arrangée par John Lanchbery)
- 1980 : Rhapsody (musique de Sergueï Rachmaninov)
- 1983 : Varii Capricci (musique de William Walton)
Prix, distinctions et récompenses
- 1959 : Chevalier (Knight Bachelor)
- 1962 : Commandeur de l’ordre de l’Empire britannique (CBE)
- 1970 : Membre de l’ordre des compagnons d’honneur (CH)
- 1977 : Membre de l’ordre du Mérite (OM)
- Commandeur de l’ordre de Dannebrog (Danemark)
- Chevalier de la Légion d’honneur (France)
FAQ
Quel est le style chorégraphique de Frederick Ashton ?
Le style de Frederick Ashton se caractérise par un charme, un esprit et un lyrisme marqués, notamment à travers un travail expressif du haut du corps et des épaules (l’épaulement). Ses chorégraphies associent une grande fluidité à un jeu de jambes extrêmement rapide et une musicalité innée.
Quels sont les ballets les plus célèbres de Frederick Ashton ?
Parmi ses chefs-d’œuvre les plus repris figurent Symphonic Variations, La Fille mal gardée, Cinderella, Les Patineurs, Marguerite et Armand, ainsi que Monotones I et II.
Quel rôle Frederick Ashton a-t-il joué pour le Royal Ballet ?
Frederick Ashton a été le chorégraphe résident fondateur de la compagnie (alors Vic-Wells Ballet) dès 1935, avant d’en devenir le directeur artistique de 1963 à 1970. Il est largement reconnu pour avoir façonné l’identité et le style classique britannique.
Fiche d'identité
- Nom : Frederick Ashton
- Nationalité : Britannique
- Né à Guayaquil
- Date de naissance : 17 septembre 1904
- Date de décès : 18 août 1988
- Fonctions : Chorégraphe, Danseur, Directeur d'école, Maître de ballet
- Distinction obtenue : Chevalier de la Légion d'honneur
- Compagnies associées : The Royal Ballet, New York City Ballet
💡 Lisez notre dossier thématique sur la naissance du ballet classique pour une compréhension de ses débuts et de son évolution..