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Jean-Pierre Aumer

DanseurChorégrapheMaître de ballet

Fiche mise à jour le 30 mai 2026

Jean-Pierre Aumer, né le 21 avril 1774 à Strasbourg et décédé le 2 juillet 1833 à Saint-Martin-du-Bosc, est un danseur et maître de ballet français dont l'œuvre a marqué la transition du ballet français vers le romantisme.

Jean-Pierre Aumer
Jean-Pierre Aumer

Biographie

1774 : Jean-Pierre Aumer naît à Strasbourg. Issu d’une famille non théâtrale, il montre très jeune un talent pour la danse.

Il est formé à l’école du Ballet de l’Opéra de Paris. Il devient l’élève de Jean Dauberval, figure influente du ballet d’action, qu’il suit à Bordeaux. Il y développe une solide base technique et une compréhension approfondie de la narration par la danse. Il étudie également les méthodes chorégraphiques de Dauberval, ainsi que la musique et l’art.

1791 : À seulement seize ans, il fait ses débuts professionnels à Londres aux côtés de Dauberval. Convaincu qu’il devient trop grand pour exceller pleinement en tant que danseur, il se tourne vers la chorégraphie.

1797 : Il est engagé comme danseur au Ballet de l’Opéra de Paris.

1798 : Le 15 mai, il fait ses débuts à l’Opéra de Paris dans le ballet d’action Le déserteur, chorégraphié par Maximilien Gardel. Cependant, sa carrière de danseur ne dépasse pas le niveau de « double » en raison de sa taille, bien qu’il soit apprécié pour ses talents de mime.

1801 : Il revient à l’Opéra de Paris, mais se heurte à la concurrence de Pierre Gardel, alors maître de ballet tout-puissant. Cette situation le pousse à chercher d’autres scènes pour ses créations.

1802 : Il chorégraphie Les Jeux d’Églé, un ballet anacréontique d’après Dauberval, présenté le 20 novembre au Théâtre de la Porte-Saint-Martin.

1803 : Le 13 octobre, il présente La Fille mal gardée ou Il n’y a qu’un pas du mal au bien, un ballet-pantomime d’après Dauberval et Eugène Hus, au Théâtre de la Porte-Saint-Martin. Cette œuvre, inspirée d’une gouache de Pierre-Antoine Baudouin, est l’un des plus anciens ballets encore dansés aujourd’hui. Jean-Pierre Aumer en remonte une version plus sophistiquée en 1828 à l’Opéra de Paris, avec une nouvelle partition de Ferdinand Hérold, qui deviendra la base de nombreuses adaptations ultérieures.

1805 : Il crée plusieurs ballets au Théâtre de la Porte-Saint-Martin, dont Rosina et Lorenzo, ou les Gondoliers vénitiens (6 mars), Le Page inconstant (17 juillet, d’après Dauberval) et Robinson Crusoé (2 octobre).

1806 : Il chorégraphie Jenny ou le Mariage secret et Les Deux Créoles, tous deux présentés au Théâtre de la Porte-Saint-Martin.

1807 : Il est maître de ballet à Lyon, où il crée Antoine et Cléopâtre. Il revient ensuite à Paris pour présenter Les Amours d’Antoine et de Cléopâtre à l’Opéra. Cependant, la concurrence persistante de Pierre Gardel le pousse à s’expatrier.

1808–1814 : Il est engagé comme maître de ballet à la cour de Cassel, en Hesse (Allemagne), sous le règne du roi Jérôme.

1814–1820 : Il s’installe à Vienne, où il compose de nombreux ballets, dont Zéphire et Flore (1814), Louise et Alexis (1814), Myrsile et Antéros (1814), La Fête de la rose (1815), Les Bayadères (1815), Les Noces de Thétis et de Pélée (1816), Les Deux Tantes (1816), Amour et Psyché (1817), Érigone ou le Triomphe de Bacchus (1817), Le Sommeil enchanté (1818), Aline, reine de Golconde (1818), Ossian (1819), Emma ou le Mariage secret (1820) et Alfred le Grand (1820).

1820 : Il revient à Paris et présente Les Pages du duc de Vendôme à l’Opéra de Paris, une œuvre qu’il avait déjà créée à Vienne.

1821 : Il chorégraphie Jeanne d’Arc pour l’Opéra de Paris.

1823 : Il remonte Le Page inconstant à l’Opéra de Paris, d’après Dauberval.

1824 : Il présente Le Songe d’Ossian à Londres.

1825 : Il crée Cléopâtre, reine d’Égypte à Londres.

1826 : Il succède à Louis Milon en tant que second maître de ballet à l’Opéra de Paris, poste qu’il occupe jusqu’en 1830. Sa fille, Sophie-Julie Aumer, épouse le danseur Étienne Leblond.

1827 : Il chorégraphie Astolphe et Joconde et La Somnambule pour l’Opéra de Paris. La Somnambule, sur une musique de Ferdinand Hérold et un livret d’Eugène Scribe, est un ballet champêtre qui rencontre un grand succès et contribue à l’adhésion de la critique parisienne au genre villageois, à condition qu’il ait une certaine profondeur.

1828 : Il crée Lydie à l’Opéra de Paris.

1829 : Il chorégraphie La Belle au bois dormant pour l’Opéra de Paris, sur un livret d’Eugène Scribe et une musique de Ferdinand Hérold. Maria Taglioni y interprète le rôle d’une naïade.

1830 : Il présente son chef-d’œuvre, Manon Lescaut, à l’Opéra de Paris, sur une musique de Fromental Halévy et un livret d’Eugène Scribe. Ce ballet est considéré comme une œuvre majeure qui inscrit définitivement le répertoire français dans le romantisme. Manon y est la première héroïne de ballet à mourir en scène, avant La Sylphide ou Giselle.

1831 : Son répertoire est abandonné à l’Opéra de Paris avec l’arrivée du nouveau directeur, Louis Véron, qui le remplace par Jean Coralli. Jean-Pierre Aumer se retire alors dans l’Eure, à Saint-Martin-du-Bosc.

1833 : Jean-Pierre Aumer décède le 2 juillet à Saint-Martin-du-Bosc, à l’âge de 59 ans.

Répertoire

Ballets chorégraphiés

  • 1802 : Les Jeux d’Églé, Théâtre de la Porte-Saint-Martin
  • 1803 : La Fille mal gardée ou Il n’y a qu’un pas du mal au bien, Théâtre de la Porte-Saint-Martin
  • 1805 : Rosina et Lorenzo, ou les Gondoliers vénitiens, Théâtre de la Porte-Saint-Martin
  • 1805 : Le Page inconstant, Théâtre de la Porte-Saint-Martin
  • 1805 : Robinson Crusoé, Théâtre de la Porte-Saint-Martin
  • 1806 : Jenny ou le Mariage secret, Théâtre de la Porte-Saint-Martin
  • 1806 : Les Deux Créoles, Théâtre de la Porte-Saint-Martin
  • 1807 : Antoine et Cléopâtre, Lyon
  • 1814 : Zéphire et Flore, Vienne
  • 1814 : Louise et Alexis, Vienne
  • 1814 : Myrsile et Antéros, Vienne
  • 1815 : La Fête de la rose, Vienne
  • 1815 : Les Bayadères, Vienne
  • 1816 : Les Noces de Thétis et de Pélée, Vienne
  • 1816 : Les Deux Tantes, Vienne
  • 1817 : Amour et Psyché, Vienne
  • 1817 : Érigone ou le Triomphe de Bacchus, Vienne
  • 1818 : Le Sommeil enchanté, Vienne
  • 1818 : Aline, reine de Golconde, Vienne
  • 1819 : Ossian, Vienne
  • 1820 : Emma ou le Mariage secret, Vienne
  • 1820 : Alfred le Grand, Vienne
  • 1820 : Les Pages du duc de Vendôme, Opéra de Paris
  • 1821 : Jeanne d’Arc, Opéra de Paris
  • 1823 : Le Page inconstant, Opéra de Paris
  • 1824 : Le Songe d’Ossian, Londres
  • 1825 : Cléopâtre, reine d’Égypte, Londres
  • 1827 : Astolphe et Joconde, Opéra de Paris
  • 1827 : La Somnambule, Opéra de Paris
  • 1828 : Lydie, Opéra de Paris
  • 1829 : La Belle au bois dormant, Opéra de Paris
  • 1830 : Manon Lescaut, Opéra de Paris

Vie privée

Jean-Pierre Aumer était marié et avait une fille, Sophie-Julie Aumer, qui épousa le danseur Étienne Leblond en 1826. Il avait également un fils nommé Jean Aumer.

FAQ

Qui était Jean-Pierre Aumer ?

Jean-Pierre Aumer était un danseur et maître de ballet français, né à Strasbourg en 1774. Il est reconnu pour avoir profondément renouvelé le répertoire français du ballet, l’inscrivant dans le romantisme, notamment avec son œuvre majeure, Manon Lescaut.

Quelle a été la formation de Jean-Pierre Aumer ?

Jean-Pierre Aumer a été formé à l’école du Ballet de l’Opéra de Paris, puis a perfectionné ses compétences sous la direction de Jean Dauberval à Bordeaux. Il a également étudié les méthodes chorégraphiques de Dauberval ainsi que la musique et l’art.

Quels sont les ballets les plus célèbres chorégraphiés par Jean-Pierre Aumer ?

Parmi les ballets les plus célèbres chorégraphiés par Jean-Pierre Aumer figurent Manon Lescaut (1830), La Somnambule (1827), La Belle au bois dormant (1829) et Les Pages du duc de Vendôme (1820). Il a également remonté plusieurs versions de La Fille mal gardée.

Quel rôle a joué Jean-Pierre Aumer à l’Opéra de Paris ?

Jean-Pierre Aumer a été second maître de ballet à l’Opéra de Paris de 1826 à 1830, succédant à Louis Milon. Il a introduit de nouvelles thématiques et techniques, contribuant à l’évolution du ballet français vers le romantisme.

Pourquoi Jean-Pierre Aumer a-t-il quitté la France à plusieurs reprises ?

Jean-Pierre Aumer a quitté la France en raison de la forte concurrence de Pierre Gardel, maître de ballet tout-puissant à l’Opéra de Paris. Ces expériences à l’étranger, notamment à Cassel et Vienne, lui ont permis d’enrichir son approche chorégraphique.

Fiche d'identité

  • Nom : Jean-Pierre Aumer
  • Nationalité : France
  • Né à Strasbourg (France)
  • Date de naissance : 21 avril 1774
  • Date de décès : 02 juillet 1833
  • Fonctions : Danseur, Chorégraphe, Maître de ballet
  • École suivie ou associée : École de danse du Ballet de l'Opéra National de Paris
  • Compagnie associée : Ballet de l'Opéra national de Paris

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