Jean Coralli Peracini, de son nom complet Giovanni Coralli Peracini, est un danseur, chorégraphe et maître de ballet français d'origine italienne, né à Paris le 15 janvier 1779 et décédé dans la même ville le 1er mai 1854. Fils de Giovanni Carlo Felice Serafino Coralli et Maria Barbara Ruggieri, il est issu d'une famille bolonaise.
Biographie
1801 : Jean Coralli entreprend ses études à l’école de l’Opéra de Paris et y fait ses débuts comme danseur en 1802. Il est engagé comme danseur de caractère et reste à l’Opéra de Paris jusqu’en 1815.
1806 : Il commence à chorégraphier ses premières œuvres pour l’Opéra de Vienne, notamment Paul et Rosette et Amphion. Il crée également Les Abencérages, Le Calif généreux, Les Incas et Hélène et Pâris.
1808 : Il est nommé danseur principal au Balletto del Teatro alla Scala de Milan, où il se produit dans les ballets des chorégraphes italiens les plus renommés de l’époque, tels que Salvatore Viganò, Gaetano Gioja et Pietro Angiolini. Entre 1815 et 1822, il partage ses activités de maître de ballet entre Milan, Lisbonne et Marseille, formant un couple vedette à La Scala avec sa seconde épouse Teresa.
1820 : Il danse à Lisbonne.
1824–1825 : Il retourne brièvement à Milan où il met en scène quatre ballets.
1825 : Il est nommé maître de ballet au Théâtre de la Porte-Saint-Martin à Paris, succédant à Frédéric-Auguste Blache. Il y règle les divertissements d’une quinzaine de spectacles et accompagne les débuts de danseurs tels que Joseph Mazilier et Jules Perrot. Parmi ses créations de cette période figurent le ballet-pantomime Les Ruses espagnoles, Le Vieillard d’Ivry, La Lisbell ou la Nouvelle Claudine, Monsieur de Pourceaugnac (basé sur la comédie de Molière), Gulliver (une adaptation de la satire de Jonathan Swift) et La Visite à Bedlam.
1827–1829 : Il chorégraphie Le Mariage de raison, La Neige (introduisant une scène de patinage sur glace avec des patins à roulettes), Les Hussards et les jeunes filles, Léocadie (qui révèle le virtuose Jules Perrot au public parisien), Faust et Les Artistes.
1830 : Il produit le ballet Childerich, King of the Franks à Vienne.
1831 : Après la privatisation de l’Opéra de Paris suite à la Révolution de 1830, le nouveau directeur, le Dr Véron, invite Jean Coralli à travailler pour l’Académie royale de Musique. Il succède à Jean-Pierre Aumer comme maître de ballet, poste qu’il occupera jusqu’en 1850. Cette période coïncide avec l’apogée du ballet romantique. Il chorégraphie L’Orgie.
1832 : Il met en scène l’opéra-ballet La Tentation.
1834 : Il crée La Tempête ou l’Île des génies, qui marque les débuts de Fanny Elssler à Paris, dont l’attrait sensuel et le jeu de jambes complexe la distinguent de Marie Taglioni.
1836 : Il chorégraphie Le Diable boiteux, une adaptation brillante du roman d’Alain-René Lesage, dans lequel Fanny Elssler introduit sa célèbre danse de caractère, la cachucha.
1837 : Il crée La Chatte métamorphosée en femme.
1839 : La Tarentule est chorégraphiée, offrant à Fanny Elssler l’occasion de montrer son talent comique.
1841 : En collaboration avec Jules Perrot, Jean Coralli chorégraphie Giselle, un ballet qui marque l’apogée du ballet romantique. Bien que Coralli supervise officiellement la production, la majeure partie de l’action principale est arrangée par Perrot, dont la contribution ne peut être officiellement reconnue car il n’est pas employé par l’Opéra de Paris. Ce ballet est toujours représenté aujourd’hui et est considéré comme un classique universel. Le livret est co-écrit par Théophile Gautier et Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges, sur une musique d’Adolphe Adam. Carlotta Grisi crée le rôle-titre.
1843 : Il chorégraphie La Péri pour Carlotta Grisi, qui lui offre un second triomphe.
1844 : Il crée Eucharis.
1847 : Il chorégraphie Ozaï.
1848 : Jean Coralli prend sa retraite peu après la Révolution de 1848.
1850 : Il quitte son poste de directeur du Ballet de l’Opéra national de Paris, où il est remplacé par Arthur Saint-Léon.
1854 : Il décède à Paris le 1er mai, à l’âge de 75 ans. Arthur Saint-Léon décrit son style comme « essentiellement français, c’est-à-dire raffiné, délicat et poétique ». Il a eu de nombreux élèves, dont son fils Eugène, qui est devenu un mime réputé.
2025–2026 : Le Ballet de l’Opéra de Paris ouvre sa saison 2025–2026 avec une reprise de Giselle, chorégraphié par Jean Coralli et Jules Perrot. Cette production est également présentée par l’American Ballet Theatre à New York et l’American Repertory Ballet, avec des adaptations de Kevin McKenzie, Ethan Stiefel et Johan Kobborg.
Répertoire
Ballets chorégraphiés
- 1806 : Paul et Rosette (Vienne)
- 1806 : Amphion (Vienne)
- 1807 : Les Incas (Vienne)
- 1807 : Hélène et Pâris (Vienne)
- 1815 : La Dansomanie (Milan)
- 1816 : Les Noces de Zéphire et Flore (Milan)
- 1825 : La Statue de Vénus (Milan)
- 1825 : Les Ruses espagnoles (Théâtre de la Porte-Saint-Martin, Paris)
- 1825 : Le Vieillard d’Ivry, ou 1590 et 1825 (Théâtre de la Porte-Saint-Martin, Paris)
- 1825 : La Lisbell ou la Nouvelle Claudine (Théâtre de la Porte-Saint-Martin, Paris)
- 1826 : Monsieur de Pourceaugnac (Théâtre de la Porte-Saint-Martin, Paris)
- 1826 : Gulliver (Théâtre de la Porte-Saint-Martin, Paris)
- 1826 : La Visite à Bedlam (Théâtre de la Porte-Saint-Martin, Paris)
- 1827 : Le Mariage de raison (Paris)
- 1827 : La Neige (Paris)
- 1828 : Les Hussards et les jeunes filles (Paris)
- 1828 : Léocadie (Paris)
- 1828 : Faust (Paris)
- 1829 : Les Artistes (Paris)
- 1830 : La Somnambule (Vienne)
- 1830 : Le Mariage de raison (Vienne)
- 1831 : L’Orgie (Paris)
- 1832 : La Tentation (Paris)
- 1834 : La Tempête ou l’Île des génies (Paris)
- 1836 : Le Diable boiteux (Paris)
- 1837 : La Chatte métamorphosée en femme (Paris)
- 1839 : La Tarentule (Paris)
- 1841 : Giselle (avec Jules Perrot, Paris)
- 1843 : La Péri (Paris)
- 1844 : Eucharis (Paris)
- 1847 : Ozaï (Paris)
Vie privée
Jean Coralli était marié à Teresa Coralli, avec qui il formait un couple vedette à La Scala de Milan. Son fils, Eugène Coralli, est devenu un mime réputé.
FAQ
Qui était Jean Coralli ?
Jean Coralli était un danseur, chorégraphe et maître de ballet français d’origine italienne, né à Paris en 1779. Il est principalement connu pour avoir chorégraphié le ballet romantique ‘Giselle’ en collaboration avec Jules Perrot.
Quel est le rôle de Jean Coralli dans la création de ‘Giselle’ ?
Jean Coralli est crédité de la chorégraphie de ‘Giselle’, bien qu’il ait collaboré avec Jules Perrot pour la majeure partie de l’action principale. Ce ballet, créé en 1841, est considéré comme l’apogée du ballet romantique et est toujours représenté aujourd’hui.
Quelles ont été les principales fonctions de Jean Coralli ?
Après avoir débuté comme danseur à l’Opéra de Paris, Jean Coralli a été maître de ballet au Théâtre de la Porte-Saint-Martin à partir de 1825, puis à l’Opéra de Paris (Académie royale de Musique) de 1831 à 1850.
Quelles autres œuvres importantes Jean Coralli a-t-il chorégraphiées ?
Outre ‘Giselle’, Jean Coralli a chorégraphié de nombreux ballets à succès tels que ‘Le Diable boiteux’ (1836) pour Fanny Elssler, ‘La Tarentule’ (1839) et ‘La Péri’ (1843) pour Carlotta Grisi.
Fiche d'identité
- Nom : Jean Coralli
- Nationalité : Française
- Né à Paris (France)
- Date de naissance : 15 janvier 1779
- Date de décès : 01 mai 1854
- Fonctions : Chorégraphe, Danseur, Librettiste, Maître de ballet
- École suivie ou associée : École de danse du Ballet de l'Opéra National de Paris
- Compagnie associée : Ballet de l'Opéra national de Paris
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