Arthur Saint-Léon
Fiche mise à jour le 4 juin 2026
Arthur Saint-Léon (de son vrai nom Charles-Victor-Arthur Michel) est un danseur, chorégraphe, violoniste et maître de ballet français, né à Paris le 17 septembre 1821 et mort dans la même ville le 2 septembre 1870. Formé par son père puis par le maître de ballet Albert, il s'impose comme l'un des plus brillants virtuoses de l'ère romantique avant de diriger les prestigieux ballets de l'Opéra de Paris et du Théâtre impérial de Saint-Pétersbourg. Créateur de chefs-d'œuvre impérissables comme Coppélia, il est également le concepteur d'un système novateur d'écriture de la danse, la sténochorégraphie.
Biographie
1821 : Charles-Victor-Arthur Michel naît à Paris le 17 septembre. Son père, Léon Michel (dit Saint-Léon), est danseur figurant à l’Opéra de Paris, assistant de Pierre Gardel pour les combats d’escrime et maître à danser. Sous l’impulsion paternelle, le jeune Arthur développe une double formation d’une rare précocité, étudiant simultanément la danse et le violon, ce dernier auprès de maîtres illustres tels que Joseph Mayseder et Niccolò Paganini.
1834 : Il fait ses débuts publics comme violoniste à Stuttgart, en Allemagne, où son père a été nommé maître de ballet à la cour des ducs de Wurtemberg. L’année suivante, en juillet 1835, il monte pour la première fois sur scène en tant que danseur à Munich dans le ballet Die Reisende Ballet-Gesellschaft, adoptant dès lors le patronyme d’Arthur Saint-Léon.
1837 : De retour à Paris, il parfait sa technique académique sous la direction de François Descombe, dit Albert, un ancien danseur de l’Opéra réputé pour développer une virtuosité hors norme chez ses élèves. En 1838, âgé de dix-sept ans, il est engagé comme premier danseur au théâtre de la Monnaie à Bruxelles. Sa technique athlétique, caractérisée par un ballon exceptionnel, une élévation prodigieuse et des pirouettes fulgurantes, lui assure un succès immédiat lors de ses tournées à Vienne, Milan et Londres.
1843 : Lors de sa saison londonienne à Her Majesty’s Theatre, il rencontre la célèbre ballerine italienne Fanny Cerrito. Leur complicité technique et artistique est immédiate. Ensemble, ils forment l’un des couples les plus acclamés des scènes européennes. Saint-Léon signe sa première chorégraphie à Rome avec La Vivandière (1843), qu’il remonte triomphalement à Londres en 1844. Le couple s’unit par le mariage le 17 avril 1845 à Paris, en l’église des Batignolles.
1847 : Le couple est engagé pour trois saisons à l’Opéra de Paris. Pour les débuts parisiens de son épouse, Saint-Léon crée La Fille de marbre. En 1849, il conçoit Le Violon du diable, une œuvre singulière où il déploie l’ensemble de ses talents : il y chorégraphie le ballet, danse le rôle principal d’Urbain et interprète lui-même des solos de violon sur scène pour accompagner le pas de deux de Cerrito. Le compositeur Adolphe Adam souligne alors la prouesse d’exécuter de telles difficultés musicales au milieu d’une action théâtrale.
1850 : Saint-Léon succède à Jean Coralli au poste de maître de ballet et directeur du ballet de l’Opéra de Paris, fonctions qu’il occupe jusqu’en 1853. Parallèlement, il enseigne la classe de perfectionnement. Après sa séparation à l’amiable d’avec Fanny Cerrito en 1851, et face au réengagement de cette dernière par l’Opéra, il choisit de démissionner en 1853. Il poursuit ses activités à Paris comme chorégraphe pour le Théâtre-Lyrique.
1852 : Il publie son ouvrage théorique majeur, La Sténochorégraphie, ou l’art de noter promptement la danse. Ce traité propose un système d’écriture basé sur des figures schématiques placées sur une portée, permettant de consigner les mouvements des jambes, des bras, du buste et de la tête en parfaite synchronisation avec la partition musicale. Il y consigne notamment le célèbre pas de six de La Vivandière, permettant sa reconstruction fidèle par les historiens de la danse au XXe siècle.
1854 : Il entame une carrière itinérante à travers l’Europe, passant par Londres puis s’établissant au Portugal de 1854 à 1856 comme maître de ballet du Théâtre San Carlos de Lisbonne. Il y est nommé professeur au Conservatoire et décoré de la Grand-Croix de l’Ordre du Christ par le roi. Il poursuit ensuite ses tournées européennes accompagné de sa dernière compagne, la danseuse Louise Fleury.
1859 : Saint-Léon est nommé maître de ballet du Ballet impérial à Saint-Pétersbourg, succédant à Jules Perrot. Durant une décennie, il partage son temps entre la Russie et Paris. En 1864, il crée Le Petit Cheval bossu, premier ballet d’envergure à intégrer des thèmes et des danses folkloriques russes. À Paris, il collabore avec le jeune compositeur Léo Delibes et le librettiste Charles Nuitter pour créer La Source (1866).
1870 : Le 25 mai, après trois ans de préparation et de multiples voyages, son chef-d’œuvre Coppélia ou la Fille aux yeux d’émail est créé à l’Opéra de Paris avec la jeune Giuseppina Bozzacchi dans le rôle de Swanilda. Le ballet, qui introduit pour la première fois la czardas hongroise sur une scène académique, remporte un triomphe immédiat. Épuisé par des problèmes de santé chroniques, Arthur Saint-Léon meurt d’une crise cardiaque à Paris le 2 septembre 1870, quelques semaines seulement avant que la guerre franco-prussienne n’interrompe les représentations. Il est inhumé au cimetière de Montmartre (29e division).
Répertoire
Ballets créés en tant que chorégraphe
- 1843 : La Vivandière (Rome)
- 1845 : Rosida ou les Mines de Syracuse (Londres)
- 1846 : Le Bal masqué (Berlin)
- 1847 : La Fille de marbre (Paris)
- 1849 : Le Violon du diable (Paris)
- 1850 : Stella ou les Contrebandiers (Paris)
- 1851 : Pâquerette (Paris)
- 1852 : Le Berger Aristée et les abeilles (Paris)
- 1853 : Le Lutin de la vallée (Paris)
- 1853 : Le Danseur du roi (Paris)
- 1854 : La Rosière (Lisbonne)
- 1854 : Lia la bayadère (Lisbonne)
- 1855 : La Répétition générale (Lisbonne)
- 1856 : Les Saltimbanques (Lisbonne)
- 1859 : Jovita ou les Boucaniers mexicains (Saint-Pétersbourg)
- 1860 : Graziella ou la Querelle amoureuse (Saint-Pétersbourg)
- 1861 : La Perle de Séville (Saint-Pétersbourg)
- 1863 : La Flamme d’amour (Moscou)
- 1864 : Néméa ou l’Amour vengé (Paris)
- 1864 : Le Petit Cheval bossu (Saint-Pétersbourg)
- 1865 : Il Basilico (Paris)
- 1865 : Don Zeffiro (Paris)
- 1866 : La Source (Paris)
- 1866 : Le Poisson doré (Saint-Pétersbourg)
- 1869 : Le Lys (Saint-Pétersbourg)
- 1870 : Coppélia (Paris)
Prix, distinctions et récompenses
- 1855 : Chevalier Grand-Croix de l’Ordre du Christ (Portugal)
Autres activités
Arthur Saint-Léon fut un violoniste et compositeur prolifique. On lui doit plus de soixante-dix œuvres musicales, principalement écrites pour le violon, ainsi que de nombreuses partitions de ballets et de divertissements de salons. Outre son traité de notation, il publia en 1856 un opuscule engagé, De l’état actuel de la danse, dans lequel il déplorait le déclin de l’enseignement de la danse en France et sa marginalisation dans l’éducation générale.
Vie privée
Arthur Saint-Léon est le fils de Léon Michel (1777-1853), danseur, maître d’armes et maître de ballet. Il épouse le 17 avril 1845 la célèbre ballerine italienne Fanny Cerrito (1817–1909), dont il se sépare en 1851. Sa dernière compagne fut la danseuse Louise Fleury, qui l’accompagna dans ses tournées européennes.
FAQ
Quel est le véritable nom d’Arthur Saint-Léon ?
Arthur Saint-Léon est né sous le nom de Charles-Victor-Arthur Michel. Il a adopté le patronyme de Saint-Léon au début de sa carrière artistique, suivant l’exemple de son père Léon Michel.
Quel est le chef-d’œuvre chorégraphique d’Arthur Saint-Léon ?
Son chef-d’œuvre absolu est le ballet-pantomime Coppélia, créé à l’Opéra de Paris en mai 1870 sur une musique de Léo Delibes. Ce ballet comique, inspiré d’un conte d’E.T.A. Hoffmann, demeure l’un des piliers majeurs du répertoire classique mondial.
Qu’est-ce que la Sténochorégraphie inventée par Saint-Léon ?
La Sténochorégraphie est un système novateur de notation de la danse publié par Saint-Léon en 1852. Ce procédé utilise des figures schématiques sur une portée musicale pour consigner précisément les mouvements du bas et du haut du corps.
Fiche d'identité
- Nom : Arthur Saint-Léon
- Nationalité : Française
- Né à Paris (France)
- Date de naissance : 17 septembre 1821
- Date de décès : 02 septembre 1870
- Fonctions : Chorégraphe, Danseur, Directeur d'école, Maître de ballet, Professeur
- Compagnie associée : Ballet de l'Opéra national de Paris
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