Jean Cocteau, né le 5 juillet 1889 à Maisons-Laffitte et mort le 11 octobre 1963 à Milly-la-Forêt, est un poète, peintre, dessinateur, dramaturge, cinéaste et librettiste de ballet français. Élu à l'Académie française en 1955, cet artiste pluridisciplinaire a profondément marqué l'histoire de la danse du XXe siècle en collaborant avec les plus prestigieuses compagnies de son temps, notamment les Ballets russes de Serge de Diaghilev, les Ballets suédois et les Ballets des Champs-Élysées.
Biographie
1889. Clément Eugène Jean Maurice Cocteau naît au sein d’une famille de la bourgeoisie parisienne. Élevé dans un milieu propice aux arts, il découvre très tôt le théâtre et la musique. Marqué par le suicide de son père en 1898, il se réfugie rapidement dans l’écriture et le dessin.
1909. Introduit dans les cercles mondains par le tragédien Édouard de Max, il publie ses premiers poèmes et s’impose comme une figure de la vie artistique parisienne. Sa rencontre avec Serge de Diaghilev, le célèbre directeur des Ballets russes, agit comme un véritable déclic créatif. Diaghilev lui lance alors son fameux défi : « Étonne-moi ! ». Cherchant à rompre avec le conformisme, Cocteau s’associe à Léon Bakst pour concevoir l’argument du ballet Le Dieu bleu en 1912, interprété par Vaslav Nijinsky et Tamara Karsavina.
1917. Cocteau concrétise sa vision d’un art total et d’avant-garde avec le ballet Parade, créé au Théâtre du Châtelet par les Ballets russes. Pour cette œuvre historique, il réunit autour de son livret le peintre Pablo Picasso pour les décors et costumes, et le compositeur Erik Satie. Ce spectacle, qui bouscule violemment les codes académiques, inspire à Guillaume Apollinaire le terme de « surréalisme ».
1921. Il collabore avec les Ballets suédois de Rolf de Maré pour Les Mariés de la tour Eiffel, une pièce collective dont il signe le livret argumentaire, portée par la musique du Groupe des Six dont il s’est fait le porte-parole.
1924. Cocteau poursuit son exploration de la scène chorégraphique avec l’argument de Le Train Bleu pour les Ballets russes, une opérette dansée qui parodie les loisirs modernes, sur une chorégraphie de Bronislava Nijinska et des costumes signés Coco Chanel.
1946. Après les années sombres de l’Occupation, Cocteau offre au danseur Jean Babilée l’un de ses rôles les plus légendaires dans Le Jeune Homme et la Mort, chorégraphié par Roland Petit pour les Ballets des Champs-Élysées. Cocteau conçoit minutieusement chaque détail dramatique de cette pièce construite sur la Passacaille de Bach, qui devient un chef-d’œuvre absolu du répertoire néo-classique.
1953. Invité par le directeur du Gärtnerplatztheater de Munich, il crée le ballet La Dame à la licorne, inspiré des célèbres tapisseries du musée de Cluny. Cocteau en écrit l’argument, dessine les décors et les costumes, et collabore étroitement avec le compositeur Jacques Chailley et le chorégraphe Heinz Rosen. Il confie plus tard dans ses écrits :
« J’ai décidé de ne mettre la main à la pâte que dans la mesure où je raconterais minutieusement au décorateur, au costumier, au chorégraphe, aux interprètes, ce que j’attendais d’eux. »
Jean Cocteau, La Difficulté d’être
1963. Jean Cocteau s’éteint dans sa demeure de Milly-la-Forêt le 11 octobre, quelques heures seulement après avoir appris la disparition de son amie Édith Piaf. Il laisse derrière lui une œuvre chorégraphique et théâtrale monumentale qui continue d’inspirer les plus grands créateurs contemporains.
Répertoire et créations chorégraphiques
- Le Dieu bleu (1912) – Argument (Musique : Reynaldo Hahn, Décors et costumes : Léon Bakst, Chorégraphie : Michel Fokine)
- Parade (1917) – Argument (Musique : Erik Satie, Décors et costumes : Pablo Picasso, Chorégraphie : Léonide Massine)
- Le Bœuf sur le toit (1920) – Argument et mise en scène (Musique : Darius Milhaud, Décors : Raoul Dufy)
- Les Mariés de la tour Eiffel (1921) – Livret (Musique : Groupe des Six, Décors : Jean Hugo)
- Le Train Bleu (1924) – Argument (Musique : Darius Milhaud, Costumes : Coco Chanel, Chorégraphie : Bronislava Nijinska)
- Le Jeune Homme et la Mort (1946) – Argument, livret et supervision (Musique : Jean-Sébastien Bach, Chorégraphie : Roland Petit)
- Phèdre (1950) – Argument, décors et costumes (Musique : Georges Auric, Chorégraphie : Serge Lifar)
- La Dame à la licorne (1953) – Argument, décors et costumes (Musique : Jacques Chailley, Chorégraphie : Heinz Rosen)
Prix, distinctions et récompenses
- 1913 : Prix Jules-Davaine de poésie
- 1946 : Prix Louis-Delluc pour le film La Belle et la Bête
- 1949 : Chevalier de la Légion d’honneur
- 1955 : Élection à l’Académie française (Fauteuil 31)
- 1955 : Membre de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique
- 1956 : Docteur ès lettres honoris causa de l’Université d’Oxford
- Commandeur de la Légion d’honneur
Famille et entourage
Fils de Georges Alfred Cocteau, avocat et peintre amateur, et d’Eugénie Lecomte, Jean Cocteau grandit aux côtés de sa sœur Marthe et de son frère Paul. Tout au long de sa vie, il partage son existence avec des figures artistiques majeures qui furent ses compagnons et muses, parmi lesquels le jeune écrivain Raymond Radiguet, dont la mort précoce en 1923 le bouleversa profondément, le boxeur Panama Al Brown, l’écrivain Jean Desbordes, et l’acteur Jean Marais, dont il lança la carrière et qui resta son plus fidèle complice. À la fin de sa vie, il adopte officiellement le jeune Édouard Dermit, dit « Doudou », qui devient son légataire universel et veille à la postérité de son œuvre.
FAQ
Quel a été le rôle de Jean Cocteau dans l’histoire de la danse ?
Jean Cocteau a été un collaborateur et librettiste majeur pour le monde de la danse, notamment à travers ses créations pour les Ballets russes de Diaghilev et les Ballets suédois. Il a conçu les arguments de ballets historiques comme Parade, Le Train Bleu ou Le Jeune Homme et la Mort, associant les plus grands peintres et musiciens de son époque.
Quels sont les ballets les plus célèbres écrits par Jean Cocteau ?
Parmi ses contributions chorégraphiques les plus marquantes figurent Parade (1917) avec Picasso et Satie, Le Train Bleu (1924) pour les Ballets russes, Le Jeune Homme et la Mort (1946) pour Jean Babilée, et enfin La Dame à la licorne (1953) qu’il a entièrement supervisé à Munich.
Quelle était la relation de Jean Cocteau avec les Ballets russes ?
Fasciné par Serge de Diaghilev et Vaslav Nijinsky, Cocteau a cherché à les étonner dès ses débuts. Cette émulation a donné naissance à des collaborations d’avant-garde majeures, rompant avec le conformisme académique pour imposer le modernisme sur la scène chorégraphique.
Fiche d'identité
- Nom : Jean Cocteau
- Nationalité : Française
- Né à Maisons-Laffitte (France)
- Date de naissance : 05 juillet 1889
- Date de décès : 11 octobre 1963
- Fonctions : Chorégraphe, Directeur d'école
- Distinction obtenue : Commandeur de l'ordre de la Légion d'honneur
- Compagnie associée : Ballets des Champs-Elysées
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