Ghislaine Thesmar
Fiche mise à jour le 23 mai 2026
Ghislaine Thesmar, née le 18 mars 1943 à Pékin, est une danseuse étoile française, chorégraphe, pédagogue et ancienne directrice de compagnie. Formée notamment au Conservatoire de Paris, elle est reconnue pour son interprétation des grands ballets classiques et néoclassiques, et pour son rôle de muse auprès du chorégraphe Pierre Lacotte, qu'elle a épousé en 1968. Après une carrière scénique internationale, elle se consacre à l'enseignement et à la transmission à l'Opéra national de Paris.
Biographie
1943 : Ghislaine Thesmar naît le 18 mars à Pékin, en Chine. Fille de diplomate, elle grandit dans un environnement international, voyageant au gré des affectations de son père, pianiste et mélomane. Cette enfance nomade la mène à Cuba, en Indonésie, en Inde et au Maroc, forgeant son imagination et son adaptabilité.
1957 : À l’âge de 14 ans, alors qu’elle réside à Fédala au Maroc, elle a un véritable déclic artistique en assistant à la projection de films soviétiques présentant Galina Oulanova. La vision de la ballerine s’élevant « à deux mètres du sol dans la grande Mazurka des Sylphides » la sidère et lui révèle la possibilité de danser avec la musique, d’en faire partie. Elle se fixe alors l’objectif d’atteindre cette sensation.
Elle débute sa formation de danseuse à l’école Pro Arte Musical de La Havane, dirigée par Alicia Alonso, puis poursuit ses études en Inde et au Maroc. Elle obtient le premier prix du Conservatoire de Casablanca, où sa professeure, Sonia Bessy, l’encourage à se présenter au Conservatoire de Paris.
1958 : Grâce à un congé diplomatique de son père, elle intègre le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris à 15 ans. Elle y suit l’enseignement de Solange Schwartz, Yves Brieux et Serge Peretti. Lors du concours d’entrée, Pierre Lacotte, alors danseur à l’Opéra de Paris et membre du jury, est frappé par sa personnalité et son potentiel, prédisant son futur statut d’étoile.
1961 : Elle fait ses débuts professionnels dans le corps de ballet du Grand Ballet du Marquis de Cuevas, où elle danse notamment dans La Belle au bois dormant. La compagnie, malgré son prestige, connaît des difficultés après le décès du Marquis en 1961 et est dissoute l’année suivante.
1962 : Ghislaine Thesmar est engagée dans la troupe des Jeunesses musicales de France, dirigée par Pierre Lacotte. Elle devient sa muse et son partenaire attitré est Michaël Denard. Lacotte crée plusieurs ballets pour elle, marquant le début d’une collaboration artistique et personnelle profonde.
Elle danse également au Ballet Rambert à Londres, interprétant des œuvres de Frederick Ashton comme The Lilac-Garden et Facade, et aux Grands Ballets canadiens à Montréal. Roland Petit crée pour elle le solo Forms lors d’une tournée canadienne. Elle participe à de nombreux festivals et saisons, notamment à la Fenice à Venise en 1970, et effectue des tournées en Union soviétique de 1970 à 1972, se produisant en artiste invitée au Théâtre Mariinsky et au Bolchoï.
1968 : Elle épouse Pierre Lacotte, scellant une union qui sera à la fois un partenariat de vie et de scène. Elle déclare à propos de leur relation :
« C’était au-delà du couple, plus un partenariat à la vie à la mort. Au-delà des sentiments qui nous unissaient, décevoir l’autre était inconcevable. »
Interview pour Danses avec la Plume, 2018
1971 : Le ballet La Sylphide, dans la version reconstituée par Pierre Lacotte, la révèle au grand public. Le succès du film de cette production lui vaut d’être invitée à l’Opéra de Paris pour trois représentations, puis de se voir offrir un contrat fixe en tant qu’étoile de la compagnie.
1972 : Ghislaine Thesmar est nommée danseuse étoile de l’Opéra national de Paris, un statut qu’elle conservera jusqu’en 1985. Elle intègre la compagnie sans avoir suivi le cursus traditionnel de l’École de Danse de l’Opéra, ce qui est exceptionnel. Elle reconnaît avoir dû « beaucoup travailler, car [elle était] plus naturellement faite pour danser du George Balanchine ! ».
De 1972 à 1977, elle bénéficie d’un accord unique entre George Balanchine et Rolf Liebermann, lui permettant de se produire régulièrement au New York City Ballet tout en restant étoile à Paris. Elle y danse dans des ballets comme Sonatina, Baroque Concert, La Sonnambula, Tchaikovsky Pas de Deux, Chaconne, et Stravinsky Violin Concerto. Elle danse également avec Mikhail Baryshnikov dans Prodigal Son à Chicago.
1985 : Elle quitte son poste d’étoile à l’Opéra de Paris. Avec Pierre Lacotte, elle prend la direction des Ballets de Monte-Carlo, où elle est co-directrice artistique jusqu’en 1988.
1987 : Rudolf Noureev l’invite à revenir à l’Opéra de Paris en tant que répétitrice. Elle se consacre entièrement à l’enseignement et à la transmission de son savoir aux jeunes danseurs, notamment aux solistes.
1988 : Elle quitte définitivement la scène en tant que danseuse pour se concentrer sur son rôle de pédagogue à l’Opéra de Paris.
1994 : Elle devient membre du jury du prestigieux Benois de la Danse.
2008 : Après vingt ans d’enseignement à l’Opéra de Paris, elle prend sa retraite. Elle continue cependant à être une figure influente, coachant des danseurs au Royal Ballet de Londres, à l’école du Théâtre Mariinsky et pour la compagnie du Théâtre Bolchoï.
2011 : Le film-documentaire Une vie de ballets, réalisé par Marlène Ionesco, lui rend hommage ainsi qu’à Pierre Lacotte. C’est dans ce documentaire qu’elle prononce la phrase devenue célèbre :
« C’est un petit peu une machine à broyer les faibles. »
Documentaire « Tout près des étoiles », 2011
2018 : Elle publie son autobiographie, Une vie en pointes, aux éditions Odile Jacob. Dans cet ouvrage, elle revient sur son parcours exceptionnel, ses rencontres et sa vision de la danse. Elle y exprime le bonheur ressenti sur scène :
« posséder l’espace, la lumière, arriver à une sorte d’état de grâce qui permet un échange magique avec la musique et la présence du public. »
Autobiographie « Une vie en pointes », 2018
2023 : Son époux, Pierre Lacotte, décède. Ghislaine Thesmar continue de savourer sa retraite dans sa maison du Var, tout en restant attentive au monde de la danse et en participant occasionnellement à des événements, comme les adieux de Marie-Agnès Gillot.
Répertoire
- Ballets classiques :
- La Belle au bois dormant (rôle d’Aurore, notamment dans la version de Roland Petit)
- Giselle (rôle-titre)
- Le Lac des Cygnes (rôle d’Odette/Odile, notamment avec Rudolf Noureev)
- Coppélia (version originale de Pierre Lacotte d’après Arthur Saint-Léon)
- Raymonda
- La Sylphide (rôle-titre, version de Pierre Lacotte)
- Ballets néoclassiques et contemporains :
- Répertoire de George Balanchine : Agon, Orpheus, Crystal Palace, Sonatina, Baroque Concert, La Sonnambula, Tchaikovsky Pas de Deux, Chaconne, Stravinsky Violin Concerto, The Waltz, Sonatina, The Gipsy, Serenade
- Répertoire de Jerome Robbins : L’Après-midi d’un faune (prélude)
- Répertoire de Serge Lifar : Fédra, Mirages
- Répertoire de Roland Petit : Forms (création), Shéhérazade (création), La Nuit transfigurée (création)
- The Lilac-Garden (Frederick Ashton)
- Facade (Frederick Ashton)
- Le Cygne (Michel Fokine)
- Prodigal Son (George Balanchine, avec Mikhail Baryshnikov)
Œuvres chorégraphiques
- Le Cygne (sur la musique de Camille Saint-Saëns)
- Prélude à l’après-midi d’un faune (sur la musique de Claude Debussy)
Prix, distinctions et récompenses
- Prix Anna Pavlova
- Prix de la Danse (Argentine)
- Ordre national du Mérite (France)
Autres activités
Enseignement et transmission :
- Répétitrice pour les solistes à l’Opéra national de Paris (1987–2008)
- Enseignante régulière au Royal Ballet de Londres, à l’école du Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg et pour la compagnie du Théâtre Bolchoï de Moscou.
- Coach de nombreux danseurs étoiles, dont Sylvie Guillem, Agnès Letestu, José Martinez, Eleonora Abbagnato et Ludmila Pagliero.
Direction artistique :
- Co-directrice artistique des Ballets de Monte-Carlo avec Pierre Lacotte (1985–1988)
Littérature :
- Une vie en pointes (autobiographie), éditions Odile Jacob, 2018.
Cinématographie :
- Une vie de ballets (film-documentaire de Marlène Ionesco, 2011)
- Apparitions dans des émissions télévisées comme Champs-Élysées, Le Grand Échiquier, Numéro un, Midi trente, Midi Première.
Vie privée
Ghislaine Thesmar est la fille d’un diplomate français, pianiste et mélomane, qui a soutenu sa vocation artistique malgré les réticences de sa mère. Elle a épousé le danseur et chorégraphe Pierre Lacotte en 1968. Leur union a été un partenariat artistique et personnel indissociable jusqu’au décès de Pierre Lacotte en 2023.
FAQ
Quelle est la formation de Ghislaine Thesmar ?
Ghislaine Thesmar a étudié à l’école de danse Pro Arte Musical à La Havane, puis a obtenu le premier prix du Conservatoire de Casablanca avant d’intégrer le Conservatoire de Paris où elle a été formée par Solange Schwartz, Yves Brieux et Serge Peretti.
Quel rôle Pierre Lacotte a-t-il joué dans sa carrière ?
Pierre Lacotte, qu’elle a épousé en 1968, a été son Pygmalion. Il a créé plusieurs ballets pour elle, notamment la version de ‘La Sylphide’ qui l’a révélée au grand public et lui a ouvert les portes de l’Opéra de Paris. Il l’a également soutenue dans ses recherches et sa démarche artistique.
Quelles sont les fonctions actuelles de Ghislaine Thesmar ?
Ghislaine Thesmar est à la retraite depuis 2008. Elle a consacré vingt ans à l’enseignement et à la direction des répétitions pour les solistes à l’Opéra de Paris, et continue d’être une figure respectée du monde de la danse, participant occasionnellement à des événements ou des hommages.
Quel est le rôle le plus marquant de Ghislaine Thesmar ?
Le rôle de la Sylphide dans la version de Pierre Lacotte est considéré comme le rôle qui l’a révélée au grand public et lui a valu son engagement à l’Opéra de Paris. Elle a également excellé dans des rôles classiques comme Giselle et dans le répertoire de George Balanchine.
Ghislaine Thesmar a-t-elle écrit un livre ?
Oui, Ghislaine Thesmar a publié son autobiographie intitulée ‘Une vie en pointes’ aux éditions Odile Jacob en 2018. Cet ouvrage retrace son parcours familial et artistique, de son enfance diplomatique à sa carrière de danseuse étoile et de pédagogue.
Fiche d'identité
- Nom : Ghislaine Thesmar
- Nationalité : Française
- Née à Pékin
- Date de naissance : 18 mars 1943
- Age Ghislaine Thesmar : 83 ans et 2 mois
- Fonctions : Danseuse, Chorégraphe, Directrice d'école, Maîtresse de ballet, Professeure
- Niveau atteint : Etoile
- Distinctions obtenues : Danseuse étoile, Officier de l'Ordre national du Mérite, Prix AROP de la Danse
- École suivie ou associée : Conservatoire communautaire de Musique et de Danse
- Compagnies associées : Ballet de l'Opéra national de Paris, New York City Ballet, Les Ballets de Monte Carlo
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💡 Si vous vous demandez quand a été créée la danse classique, notre article vous fournira un historique détaillé de ses origines..