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Jean Schneitzhoeffer

CompositeurProfesseur

Fiche mise à jour le 31 mai 2026

Jean-Madeleine Schneitzhoeffer (parfois orthographié Jean Schneitzhoeffer) est un compositeur, timbalier, chef de chant et pédagogue français, né le 13 octobre 1785 à Toulouse et mort le 4 octobre 1852 à Paris. Formé au Conservatoire de Paris, il effectue l'essentiel de sa carrière à l'Opéra de Paris. Il est entré dans l'histoire de la danse classique comme le compositeur de La Sylphide (1832), œuvre fondatrice et manifeste du ballet romantique européen.

Biographie

Jean-Madeleine Schneitzhoeffer naît à Toulouse en 1785. Issu d’une famille de musiciens, son père Jacques Schneitzhoeffer est hautboïste au sein de l’orchestre de l’Opéra de Paris. Sa mère est Marie Angélique Rebill. Baigné très tôt dans l’univers théâtral et musical, le jeune Jean-Madeleine s’installe à Paris et intègre le Conservatoire de Paris au tournant du siècle, vers 1800.

En 1803, il obtient le deuxième prix de piano au concours annuel du Conservatoire, après avoir étudié l’harmonie et la composition sous la direction du théoricien et compositeur Charles-Simon Catel. Cette solide formation académique lui permet d’acquérir une maîtrise rigoureuse de l’écriture orchestrale et de l’harmonie.

En 1815, il entre officiellement à l’Opéra de Paris en tant que timbalier principal, poste qu’il occupe jusqu’en 1823. Cette fonction lui permet de vivre de l’intérieur les rouages de l’orchestre et de se familiariser avec les exigences rythmiques de la scène théâtrale. En 1821, il épouse Joséphine Madeleine David à Paris, avec qui il aura six enfants.

En 1822, ses compétences vocales et sa rigueur le conduisent à être nommé chef de chant à l’Opéra. De 1824 à 1839, il exerce la fonction de deuxième chef de chant, travaillant en étroite collaboration avec des compositeurs de renom tels que Fromental Halévy pour préparer et diriger les chœurs des productions lyriques.

En 1831, parallèlement à ses activités à l’Opéra, il est nommé professeur au Conservatoire de Paris, où il prend la responsabilité des classes chorales, et plus particulièrement des classes de chœur pour femmes. Il y enseigne également le solfège et la direction chorale jusqu’en 1850. Ses services et sa contribution à l’enseignement musical national lui valent d’être décoré de la Légion d’honneur en 1840.

En 1832, le sculpteur Jean-Pierre Dantan (dit Dantan Jeune) réalise un portrait-charge en plâtre patiné de Schneitzhoeffer, représentant le compositeur sous forme de caricature avec un collier de barbe, aujourd’hui conservé au Musée Carnavalet à Paris.

Jean-Madeleine Schneitzhoeffer s’éteint à Paris le 4 octobre 1852, laissant derrière lui l’image d’un artisan majeur de l’âge d’or du ballet romantique français.

La Sylphide et la révolution romantique

Bien qu’il ait composé plusieurs symphonies, des ouvertures de concert et un Requiem, c’est à travers ses partitions pour le ballet que Schneitzhoeffer acquiert sa postérité. Sa collaboration la plus célèbre demeure La Sylphide, créée le 12 mars 1832 à la Salle Le Peletier de l’Opéra de Paris.

Sur un livret du ténor Adolphe Nourrit inspiré d’un conte de Charles Nodier, et dans une chorégraphie de Filippo Taglioni, Schneitzhoeffer conçoit une partition sur mesure pour la ballerine Marie Taglioni. Cette œuvre marque une rupture esthétique majeure : elle impose l’utilisation systématique des pointes, l’introduction du tutu romantique en tulle blanc et l’exploration de thèmes oniriques et surnaturels.

La partition de Schneitzhoeffer se distingue par l’utilisation de motifs conducteurs (leitmotivs) associés aux personnages et par l’intégration d' »airs parlants », de courts emprunts musicaux (notamment à Gluck ou Bach) destinés à illustrer des actions précises de la pantomime. L’orchestration fait la part belle aux instruments à vent, à la harpe et aux cordes en tremolo pour traduire l’immatérialité de la Sylphide.

En 1836, le chorégraphe danois Auguste Bournonville décide de monter sa propre version de La Sylphide à Copenhague. Les droits d’exploitation de la partition originale de Schneitzhoeffer étant jugés trop onéreux par le Théâtre Royal danois, Bournonville commande une nouvelle musique au jeune compositeur Herman Severin Løvenskiold. C’est cette version musicale qui s’est perpétuée sans interruption au Danemark, tandis que la chorégraphie originale de Taglioni sur la musique de Schneitzhoeffer s’est perdue au fil du temps.

En 1972, le chorégraphe français Pierre Lacotte réalise un travail de reconstruction historique minutieux et fait entrer à nouveau La Sylphide au répertoire de l’Opéra de Paris, ressuscitant la chorégraphie de Taglioni et la partition originale de Jean Schneitzhoeffer, notamment servies par la ballerine Ghislaine Thesmar et le danseur Michaël Denard.

Répertoire et œuvres principales

  • Proserpine (1818)
  • Le Séducteur au village (1818)
  • Le Sicilien ou l’amour peintre (1827) – en collaboration avec Ferdinand Sor
  • Zémire et Azor (1824)
  • Les Filets de Vulcain ou Mars et Vénus (1826)
  • La Sylphide (1832) – ballet romantique en deux actes
  • La Tempête ou l’île des génies (1834) – chorégraphie de Jean Coralli

Prix, distinctions et récompenses

  • 1803 : Deuxième prix de piano au Conservatoire de Paris
  • 1840 : Chevalier de la Légion d’honneur

Vie privée

Fils de Jacques Schneitzhoeffer, hautboïste de l’Opéra de Paris, et de Marie Angélique Rebill, Jean-Madeleine Schneitzhoeffer épouse Joséphine Madeleine David le 12 juillet 1821 à Paris. Le couple donne naissance à six enfants : Caroline (1807), Jean Baptiste Adolphe (1811), Amédée (1812), Virginie (1815), Alfred (1821) et Émile (1829).

FAQ

Quel est le chef-d’œuvre le plus célèbre de Jean Schneitzhoeffer ?

Le chef-d’œuvre le plus célèbre de Jean Schneitzhoeffer est sans conteste la partition du ballet La Sylphide, créée en 1832 à l’Opéra de Paris. Ce ballet, chorégraphié par Filippo Taglioni pour sa fille Marie Taglioni, est considéré comme le premier grand ballet romantique de l’histoire de la danse.

Pourquoi existe-t-il deux versions musicales de La Sylphide ?

La version originale de 1832 à Paris utilise la musique de Jean Schneitzhoeffer. En 1836, le chorégraphe danois Auguste Bournonville a souhaité monter le ballet à Copenhague, mais les droits de la partition française étant trop élevés, il a commandé une nouvelle musique, moins onéreuse, au compositeur Herman Severin Løvenskiold.

Quelles fonctions Jean Schneitzhoeffer a-t-il exercées à l’Opéra de Paris ?

Jean Schneitzhoeffer a d’abord été engagé comme timbalier principal à l’Opéra de Paris de 1815 à 1823. Il a ensuite évolué vers la direction vocale en devenant chef de chant (puis deuxième chef de chant) de 1824 à 1839, préparant les chœurs pour les représentations lyriques.

Fiche d'identité

  • Nom : Jean Schneitzhoeffer
  • Nationalité : Française
  • Né à Toulouse (France)
  • Date de naissance : 13 octobre 1785
  • Date de décès : 04 octobre 1852
  • Fonctions : Compositeur, Professeur
  • Distinction obtenue : Chevalier de la Légion d'honneur
  • École suivie ou associée : Conservatoire régional de danse de Paris
  • Compagnie associée : Ballet de l'Opéra national de Paris

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