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Violette Verdy

DanseuseChorégrapheDirectrice de la danseProfesseureEtoile

Fiche mise à jour le 14 juin 2026

Violette Verdy (née Nelly Armande Guillerm) est une danseuse, directrice de ballet, actrice et pédagogue française. Formée à Paris par les plus grands maîtres russes de l'époque, elle mène une immense carrière internationale, devenant l'une des plus célèbres muses de George Balanchine au New York City Ballet avant de marquer l'histoire en devenant la première femme à diriger le Ballet de l'Opéra national de Paris.

Violette Verdy

Biographie

Nelly Armande Guillerm naît le 1er décembre 1933 à Pont-l’Abbé, dans le Finistère. Orpheline de père très jeune, elle grandit sous l’influence d’une mère institutrice. Sa sensibilité artistique précoce et son énergie débordante poussent sa famille à l’orienter vers la danse sur les conseils du médecin de famille, qui préconise de « la fatiguer harmonieusement ». En 1942, en pleine Seconde Guerre mondiale, sa mère l’emmène s’installer à Paris pour lui offrir la meilleure formation possible. Elle y étudie auprès de Carlotta Zambelli, mais surtout de Rousanne Sarkissian (dite « Madame Rousanne ») et de Victor Gsovsky, d’éminents professeurs russes qui forment également Maurice Béjart et Françoise Adret.

En 1945, elle fait ses débuts professionnels à seulement onze ans dans le ballet Le Poète de Roland Petit, au sein des Ballets des Champs-Élysées. En 1949, elle tient le rôle principal dans le film Ballerina de Ludwig Berger (sorti en 1950). C’est à cette occasion qu’elle adopte le pseudonyme de Violette Verdy, associant la modestie de la fleur à un hommage au compositeur italien Giuseppe Verdi.

En 1953, elle rejoint les Ballets de Paris de Roland Petit et crée le rôle de la Fiancée dans le ballet tragique et sensuel Le Loup, qui lui apporte une véritable notoriété. Elle entame alors une période de collaborations internationales intenses, se produisant comme soliste au London Festival Ballet (1954–1955), au Ballet Rambert, ainsi qu’à la Scala de Milan. En 1957, elle est invitée par l’American Ballet Theatre où elle triomphe notamment dans le rôle-titre de Mademoiselle Julie de Birgit Cullberg.

En 1958, George Balanchine l’invite à rejoindre le New York City Ballet. Malgré sa petite taille (1,58 m) qui tranche avec les canons habituels du chorégraphe américain, sa musicalité exceptionnelle et son élégance française fascinent le maître. Balanchine la qualifie de « petite greffe pour le style » et crée pour elle des rôles légendaires, notamment dans Tchaikovsky Pas de deux (1960), Liebeslieder Walzer (1960), la section « Émeraudes » du triptyque Jewels (1967), La Source (1968) et Sonatine (1975). Elle forme à cette époque un partenariat historique avec le danseur Edward Villella.

En 1969, Jerome Robbins, de retour au New York City Ballet, l’intègre dans ses nouvelles créations. Sa présence théâtrale et son humour inspirent les variations de Dances at a Gathering (1969) et de In the Night (1970). Violette Verdy évoquera plus tard la différence de méthode entre ses deux mentors :

« Jerry [Jerome Robbins] était l’exact contraire de Balanchine qui faisait les choses vite et bien. Leurs personnalités étaient très différentes, mais entre eux il y avait un respect mutuel. […] Avec Balanchine, il y avait apparemment une sorte de distance détachée, mais nous nous retrouvions sur le terrain d’entente de l’amour de la musique. Avec Jerry, il fallait que ce soit plus personnel, plus psychologique. »

Violette Verdy, entretien avec Clement Crisp et archives du CND

En 1977, après avoir fait ses adieux à la scène américaine, elle revient en France pour prendre la direction de la danse du Ballet de l’Opéra national de Paris, devenant la première femme à occuper ce poste. Durant trois ans, elle s’efforce de moderniser l’institution et d’y introduire le répertoire de Balanchine et de Robbins, malgré les rigidités administratives de l’époque.

En 1980, elle retourne aux États-Unis pour codiriger puis diriger le Boston Ballet, devenant là encore la première femme à la tête de cette compagnie. À partir de 1984, elle se consacre pleinement à l’enseignement et à la transmission du répertoire. Elle devient professeure associée au New York City Ballet, enseigne à la School of American Ballet et est nommée Distinguished Professor à la Jacobs School of Music de l’université de l’Indiana à Bloomington. Elle est également la première femme étrangère invitée à enseigner au Ballet du Bolchoï depuis la révolution de 1917.

Violette Verdy s’éteint le 8 février 2016 à Bloomington, dans l’Indiana, des suites d’un accident vasculaire cérébral, à l’âge de 82 ans.

Répertoire

Rôles classiques et dramatiques

  • Le Lac des cygnes (Odette / Odile)
  • Giselle (Giselle)
  • Coppélia (Swanilda)
  • L’Oiseau de feu
  • Mademoiselle Julie (Birgit Cullberg, 1958)
  • Medea (La Princesse / Médée)

Rôles créés pour elle

  • Le Loup (Roland Petit, 1953)
  • Tchaikovsky Pas de deux (George Balanchine, 1960)
  • Liebeslieder Walzer (George Balanchine, 1960)
  • Episodes (George Balanchine, 1960)
  • Émeraudes dans Jewels (George Balanchine, 1967)
  • La Source (George Balanchine, 1968)
  • Dances at a Gathering (Jerome Robbins, 1969)
  • In the Night (Jerome Robbins, 1970)
  • Pulcinella (George Balanchine et Jerome Robbins, 1972)
  • Sonatine (George Balanchine, 1975)

Prix, distinctions et récompenses

  • 1968 : Dance Magazine Award
  • 1971 : Chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres
  • 2001 : CORPS Award
  • 2007 : Prix Irène Lidova pour l’ensemble de sa carrière
  • 2009 : Chevalier de la Légion d’honneur

Autres activités

Parallèlement à sa carrière de danseuse, Violette Verdy s’illustre comme actrice de théâtre au sein de la compagnie de Madeleine Renaud et Jean-Louis Barrault, notamment lors de la création de la pièce Malatesta de Henry de Montherlant. Au cinéma, elle tourne dans plusieurs longs-métrages dont Ballerina (1950) et The Glass Slipper (1954) sous la direction de Charles Walters.

Elle est également l’autrice de plusieurs ouvrages de pédagogie et de littérature enfantine consacrés à l’univers du ballet, parmi lesquels Giselle: A Role for the Lifetime (1970) et Of Swans, Sugarplums and Satin Slippers (1991). En tant que chorégraphe, elle crée en 1993 le ballet Diverdymento pour les élèves de l’École de Danse de l’Opéra de Paris, repris par l’institution en 2012.

FAQ

Quel était le vrai nom de Violette Verdy et pourquoi en a-t-elle changé ?

Violette Verdy est née sous le nom de Nelly Armande Guillerm. Elle a adopté son nom de scène en 1949, lors du tournage du film Ballerina de Ludwig Berger, choisissant Violette pour la modestie de la fleur et Verdy en hommage au compositeur italien Giuseppe Verdi.

Quelle place Violette Verdy occupe-t-elle dans l’histoire de l’Opéra de Paris ?

Violette Verdy a marqué l’histoire de l’Opéra national de Paris en devenant, de 1977 à 1980, la toute première femme nommée à la direction de la danse de la prestigieuse institution parisienne.

Quelle était la particularité de sa relation avec George Balanchine ?

George Balanchine admirait profondément l’extrême musicalité et l’esprit français de Violette Verdy, qu’il surnommait sa « petite greffe pour le style ». Il a créé de nombreux chefs-d’œuvre spécifiquement pour elle, dont le célèbre Tchaikovsky Pas de deux et la section « Émeraudes » du ballet Jewels.

Fiche d'identité

  • Nom : Violette Verdy
  • Nationalité : France
  • Née à Pont-l'Abbé (France)
  • Date de naissance : 01 décembre 1933
  • Date de décès : 08 février 2016
  • Fonctions : Danseuse, Chorégraphe, Directrice de la danse, Professeure
  • Niveau atteint : Etoile
  • Distinctions obtenues : Chevalier des Arts et des Lettres, Chevalier de la Légion d'honneur
  • École suivie ou associée : École de danse du Ballet de l'Opéra National de Paris
  • Compagnies associées : Ballets des Champs-Elysées, Le Ballet du Mariinsky, American Ballet Theatre (ABT), New York City Ballet, Ballet de l'Opéra national de Paris

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