Jean Guizerix
Fiche mise à jour le 23 mai 2026
Jean Guizerix, né le 27 octobre 1945 à Paris, est un danseur Étoile, chorégraphe et pédagogue français. Formé notamment par Marguerite Guillaumin, il intègre le Ballet de l'Opéra national de Paris en 1964 et est nommé danseur Étoile en 1972. Il mène une carrière riche et diversifiée, marquée par une ouverture constante aux répertoires classique, néoclassique et contemporain, souvent aux côtés de son épouse, la danseuse Étoile Wilfride Piollet. Après avoir quitté l'Opéra en 1990, il se consacre à l'enseignement, à la chorégraphie et à la recherche, notamment sur les écrits chorégraphiques du XIXe siècle.
Biographie
1945 : Jean Guizerix naît le 27 octobre à Paris. Il commence la danse relativement tard, à l’âge de 17 ans, après avoir initialement entrepris des études à la Sorbonne. Ses premières expériences de danse se font en amateur, sous la direction de Denise Bazet, une ancienne élève d’Olga Préobrajenskaya. Il y rencontre Pierre Duvillard, qui le présente à Marguerite Guillaumin.
1964 : À 19 ans, il est engagé au Ballet de l’Opéra national de Paris après une audition, ayant été refusé au conservatoire. Il gravit rapidement les échelons de la compagnie.
1966–1968 : Il est promu quadrille en 1966, puis coryphée en 1967 et sujet en 1968. Dès son statut de sujet, il se voit confier des rôles de soliste, notamment dans Turangalîla de Roland Petit et Arcades d’Attilio Labis. Il participe également aux spectacles « contemporains » de l’Opéra Studio sous la direction de Michel Descombey, interprétant les premières chorégraphies de Michel Caserta, Jacques Garnier, Patrick Frantz, Norbert Schmucki et Daini Kudo.
1967 : Il rencontre Wilfride Piollet, qui deviendra son épouse et sa partenaire artistique privilégiée.
1969 : Roland Petit lui confie son premier rôle de soliste au Palais Garnier. Il crée également son premier solo chorégraphique, O Tod, pour Wilfride Piollet.
1971 : Il est nommé premier danseur en avril. Il est le partenaire de Claire Motte dans La Péri.
1972 : Il est nommé danseur Étoile de l’Opéra national de Paris, titre qu’il conservera jusqu’en 1990. Il épouse Wilfride Piollet.
1973 : Lors de la venue de Merce Cunningham au Palais Garnier pour la création d’Un jour ou deux, Jean Guizerix travaille avec le chorégraphe, dont il avait déjà suivi les recherches lors d’un voyage aux États-Unis. Il est choisi par George Balanchine pour Agon et par Jerome Robbins pour En Sol.
1974 : Il est le partenaire de Rudolf Noureev dans La Pavane d’un Maure de José Limón au Palais des Sports de Paris. Il chorégraphie Oiseau triste.
1975 : Il danse le rôle-titre dans Ivan le Terrible de Youri Grigorovitch.
1976 : Il participe à la création de Afin qu’il n’y soit rien changé, chorégraphiée par Wilfride Piollet et lui-même. De 1976 à 1986, il est le partenaire de Rudolf Noureev dans le duo des Chants du Compagnon errant de Maurice Béjart, qu’ils interprètent sur de nombreuses scènes internationales.
1977 : Il reçoit le Prix Nijinski.
1979 : Il danse le rôle principal dans Manfred de Rudolf Noureev.
1980 : Il interprète le rôle principal dans Le Fantôme de l’Opéra de Roland Petit.
1981 : Il chorégraphie Comme un souffle.
1984 : Il reçoit le Grand Prix national de la Danse. Il danse dans la création de Marco Spada de Pierre Lacotte.
1985 : Il reçoit le Prix Carpeaux pour sa chorégraphie Double je. Il participe aux reconstitutions baroques de Francine Lancelot, notamment Quelques pas graves de Baptiste.
1986 : Il crée avec Wilfride Piollet une compagnie de danse, dont le répertoire inclut des œuvres de Jerome Robbins, Merce Cunningham, George Balanchine, Jiří Kylián, José Limón, Yvonne Rainer, Francine Lancelot, Daniel Larrieu et Andy Degroat.
1987 : Il met en scène Mavra d’Igor Stravinsky et son cycle de Mélodies avec l’École d’Art lyrique. Il participe également à la reconstitution d’Atys de Francine Lancelot.
1988 : Il chorégraphie La Conjuration avec Wilfride Piollet.
1989 : Il est nommé Chevalier de l’Ordre national du Mérite.
1990 : Il quitte l’Opéra national de Paris et réalise une « Carte Blanche » sur la scène du Palais Garnier pour marquer son départ. Il commence à enseigner au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (CNSMDP), poste qu’il occupera jusqu’en 1998.
1992 : Il est invité par Jerome Robbins à New York pour interpréter Watermill avec le New York City Ballet, une invitation renouvelée en 1995.
1994 : Il crée Les sept dernières paroles du Christ de Joseph Haydn, avec des chorégraphies de Christine Bastin, Mark Tompkins, Michel Kelemenis, Dominique Boivin, François Raffinot, François Verret, Andy Degroat et Daniel Larrieu, au festival de danse d’Aix-en-Provence.
1996 : Il présente sur la scène de l’Opéra Garnier un travail sur le répertoire du début du XIXe siècle : Cahiers 1830 d’Arthur Saint-Léon. Il signe également les chorégraphies de plusieurs ouvrages lyriques à l’Opéra Bastille, dont Les Noces de Figaro, Manon, La Dame de pique et Idoménée.
1997 : Il devient professeur au Centre national des arts du cirque de Rosny-sous-Bois.
1998–2000 : Il est maître de ballet à l’Opéra national de Paris. Il exprime son souhait de ne pas se limiter aux répétitions avec les Étoiles, mais d’avoir une vision globale sur les ballets, le corps de ballet, la pédagogie et la programmation. Il déplore l’orientation commerciale et le manque de soutien pour l’intégration de kinésiologues et choréologues.
« Quoiqu’on m’ait affecté essentiellement aux répétitions avec les Etoiles, cela ne me suffisait pas. Aussi intéressant que cela pût être, de travailler avec les Etoiles, je voulais avoir l’œil sur les ballets comme un tout artistique, sur ce qui se passe dans le corps de ballet, sur la pédagogie, et sur la programmation. Je me suis retrouvé cantonné à enseigner des « trucs » que l’on pouvait utiliser pour le spectacle. »
Jean Guizerix, Entretien avec Katharine Kanter, janvier 2003
2000–2002 : Il est conseiller pour la danse au Ministère de l’Éducation nationale. Il démissionne en juillet 2002, frustré par la bureaucratie et l’impossibilité de faire aboutir ses projets pédagogiques.
« Je voulais me concentrer sur le contenu même des programmes d’enseignement artistique. Or, je me suis retrouvé en homme de la bureaucratie, gérant les strates administratives, sans pouvoir faire aboutir des projets d’édition, par exemple, ou de création d’outils pédagogiques. C’est pourquoi j’ai démissionné. »
Jean Guizerix, Entretien avec Katharine Kanter, janvier 2003
2001 : Il est nommé Officier des Arts et des Lettres.
2003 : Il est nommé directeur artistique par intérim du Ballet du Nord pour quelques mois. Il publie Le Moulin de Jerry (éditions Sens et Tonka).
2004 : Il crée le ballet Justamant-Pas.
2005 : Il publie Intimes Alentours. Il chorégraphie L’Amour médecin et Le Sicilien ou l’Amour peintre pour la Comédie-Française, ainsi qu’Orphée aux enfers à Dijon.
2006 : Il met en piste Anonymes pour les étudiants de l’École du Cirque de Rosny.
2010 : Il publie Aile jusqu’au bout m’aime (éditions l’Une et l’Autre).
2011 : Il met en scène Le Pierrot lunaire sous la direction musicale de Jean Roudon.
2012 : Il est nommé Chevalier de la Légion d’honneur. Il publie Livret de Giselle par Théophile Gautier (éditions L’une et l’autre).
2013 : Il publie Plumes abandonnées (éditions L’une et l’Autre). Il est interprète, aux côtés de Dalila Khatir et Cyril Atanassoff, du spectacle Cartel de Michel Schweizer, présenté notamment à la Grande Halle de la Villette à Paris.
2015 : Son épouse, Wilfride Piollet, décède le 20 janvier.
2016 : Il propose une nouvelle version de Justamant-Pas pour les étudiants du CNSMDP. Il signe la chorégraphie de Passion au Théâtre du Châtelet, dans une mise en scène de Fanny Ardant.
2017 : Il crée un duo dans la chorégraphie de Raphaël Cottin, Parallèles, au Festival de Tours. Il joue en tant que comédien dans la pièce Actrice de Pascal Rambert.
2025 : Il est membre du jury du Benois de la Danse.
2026 : Jean Guizerix continue d’enseigner et de chorégraphier librement, s’attachant particulièrement à transmettre les écrits de Henri Justamant, chorégraphe du XIXe siècle, à travers des compositions ré-inventées. Il participe également à des événements artistiques et pédagogiques, partageant son expertise et sa vision de la danse.
Répertoire
Rôles principaux (non exhaustif)
- Classique et néoclassique :
- Prince Siegfried dans Le Lac des cygnes (version Vladimir Bourmeister)
- Albrecht dans Giselle (version Alicia Alonso)
- Le rôle-titre dans Ivan le Terrible (Youri Grigorovitch)
- Le rôle-titre dans Manfred (Rudolf Noureev)
- Le rôle-titre dans Le Fantôme de l’Opéra (Roland Petit)
- Soliste dans Agon (George Balanchine)
- Soliste dans En Sol (Jerome Robbins)
- Partenaire de Rudolf Noureev dans La Pavane d’un Maure (José Limón)
- Partenaire de Rudolf Noureev dans Les Chants du Compagnon errant (Maurice Béjart)
- Rôles dans Marco Spada (Pierre Lacotte)
- Rôles dans Raymonda (Rudolf Noureev)
- Contemporain et créations :
- Rôles dans Turangalîla (Roland Petit)
- Rôles dans Arcades (Attilio Labis)
- Rôles dans Un jour ou deux (Merce Cunningham)
- Créations mondiales pour Glen Tetley, John Butler, Brian MacDonald, Félix Blaska, Oscar Araïz, Youri Grigorovitch, Rudolf Noureev, Alwin Nikolais, Lucinda Childs, Douglas Dunn, Karole Armitage, Andy Degroat, Dominique Bagouet.
- Rôles dans Watermill (Jerome Robbins) avec le New York City Ballet
- Interprète dans Cartel (Michel Schweizer)
Chorégraphies
- O Tod (1969)
- Oarystis
- Hélios
- Comme un souffle (1981)
- Oiseaux tristes (1974)
- Ondine
- Tristia
- Histoire du soldat
- Afin qu’il n’y soit rien changé (1976, avec Wilfride Piollet)
- Grange
- Mnémosyne
- La Conjuration (1988, avec Wilfride Piollet)
- Penthésilée
- Double je (1985)
- Justamant-Pas (2004, nouvelle version en 2016)
- Cahiers 1830 (1996)
- Chorégraphies pour opéras : Les Noces de Figaro, Manon, La Dame de pique, Idoménée, Passion (2016)
- Anonymes (2006)
- L’Amour médecin et Le Sicilien ou l’Amour peintre (2005, avec Wilfride Piollet)
Prix, distinctions et récompenses
- 1977 : Prix Nijinski
- 1984 : Grand Prix national de la Danse
- 1985 : Prix Carpeaux-Lepercq pour Double je
- 1989 : Chevalier de l’Ordre national du Mérite
- 2001 : Officier des Arts et des Lettres
- 2012 : Chevalier de la Légion d’honneur
Autres activités
- Enseignement et pédagogie :
- Professeur au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (1990–1998)
- Maître de ballet à l’Opéra national de Paris (1998–2000)
- Conseiller pour la danse au Ministère de l’Éducation nationale (2000–2002)
- Directeur artistique par intérim du Ballet du Nord (2003)
- Professeur au Centre national des arts du cirque (depuis 1997)
- Recherche et transmission des écrits chorégraphiques de Michel Léon et Henri Justamant.
- Écriture :
- Parallèle (1986)
- Le Moulin de Jerry (2003, éditions Sens et Tonka)
- Intimes Alentours (2005)
- Aile jusqu’au bout m’aime (2010, éditions L’une et l’Autre)
- Plumes abandonnées (2013, éditions L’une et l’Autre)
- Livret de Giselle par Théophile Gautier (2012, éditions L’une et l’Autre)
- Comédien :
- L’Histoire du soldat (1976)
- Actrice de Pascal Rambert (2017–2018)
- Jury :
- Membre du jury du Benois de la Danse (1997, 2025)
Vie privée
Jean Guizerix a été marié à la danseuse Étoile Wilfride Piollet de 1971 jusqu’au décès de cette dernière en 2015. Ils ont eu un fils, Rémy. Leur partenariat artistique et personnel a été une force majeure dans leurs carrières respectives, les amenant à collaborer intensément sur scène, dans la création chorégraphique et dans l’enseignement.
FAQ
Quelle est la particularité de la formation de Jean Guizerix ?
Jean Guizerix a commencé la danse relativement tard, à l’âge de 17 ans, après des études à la Sorbonne. Il a été formé par Marguerite Guillaumin et a intégré l’Opéra de Paris en 1964, sans passer par l’École de Danse de l’Opéra.
Quel rôle a joué Wilfride Piollet dans la carrière de Jean Guizerix ?
Wilfride Piollet, danseuse Étoile et épouse de Jean Guizerix, a été sa partenaire artistique et personnelle. Ils ont collaboré intensément, créant ensemble une compagnie, explorant de nouvelles approches pédagogiques et partageant la scène dans de nombreux ballets.
Quelles sont les contributions de Jean Guizerix à la pédagogie de la danse ?
Jean Guizerix a enseigné au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris et au Centre national des arts du cirque. Il a également été maître de ballet à l’Opéra de Paris et conseiller pour la danse au Ministère de l’Éducation nationale, œuvrant pour une approche plus analytique et respectueuse du corps dans l’enseignement de la danse.
Quelles sont les activités actuelles de Jean Guizerix ?
Jean Guizerix continue d’enseigner et de chorégraphier librement, notamment en transmettant les écrits du chorégraphe du XIXe siècle Henri Justamant. Il participe également à des projets artistiques variés, incluant des performances et des rôles de comédien.
Fiche d'identité
- Nom : Jean Guizerix
- Nationalité : Française
- Né à Paris (France)
- Date de naissance : 27 octobre 1945
- Age Jean Guizerix : 80 ans et 7 mois
- Fonctions : Danseur, Chorégraphe, Directeur de la danse, Maître de ballet, Professeur
- Niveau atteint : Etoile
- Distinctions obtenues : Chevalier de la Légion d'honneur, Chevalier de l'Ordre national du Mérite, Officier des Arts et Lettres, Prix AROP de la Danse, Prix du Cercle Carpeaux
- Compagnies associées : Ballet de l'Opéra national de Paris, Le Ballet du Mariinsky
💡 Notre page dédiée aux origines de la danse classique est une invitation à plonger dans l'histoire de cette forme d'expression artistique..